L’or en 2025 : toujours une valeur refuge face aux incertitudes mondiales ?
Un actif millénaire dans un monde instable
Depuis des millénaires, l’or occupe une place à part dans les portefeuilles des investisseurs. Ni action, ni obligation, ni devise, il est perçu comme un rempart contre l’inflation, la volatilité et les crises systémiques. En 2025, cette réputation est plus que jamais mise à l’épreuve.
Avec une inflation mondiale toujours instable, des tensions géopolitiques persistantes entre blocs économiques et une incertitude grandissante autour des monnaies numériques des banques centrales (MNBC), nombreux sont ceux qui reviennent à l’or… mais est-il encore aussi solide qu’avant ?
Des fondamentaux soutenus par la géopolitique
Les tensions entre les États-Unis et la Chine, la guerre en Ukraine, les conflits au Sahel ou encore les bouleversements énergétiques au Moyen-Orient ont alimenté une demande accrue pour les actifs tangibles.
L’or, dans ce contexte, reste perçu comme un actif de confiance universel, notamment dans les zones émergentes où les monnaies locales sont instables.
En 2025, la demande physique reste élevée, particulièrement en Inde, en Turquie et en Chine. Ces trois marchés concentrent à eux seuls plus de 60 % de la demande mondiale en lingots et bijoux, confirmant le rôle stratégique du métal jaune dans des économies marquées par l’instabilité monétaire.
Un soutien des banques centrales
Autre facteur clé : les banques centrales continuent d’acheter de l’or à un rythme soutenu. En particulier celles des pays non occidentaux, qui souhaitent réduire leur dépendance au dollar américain.
Depuis 2022, les achats annuels nets des banques centrales atteignent des niveaux records, dépassant les 1 000 tonnes par an. En 2025, cette dynamique reste forte, avec une volonté de diversification des réserves de change et de sécurisation des actifs face aux risques géopolitiques.
Performances de l’or en 2024–2025
Après avoir franchi les 2 300 $ l’once en 2024, l’or connaît une année 2025 plus hésitante. Entre janvier et août, le métal jaune évolue dans une fourchette de 2 150 $ à 2 350 $, influencé par les taux d’intérêt réels, la force du dollar, et les perspectives économiques mondiales.
Toutefois, cette stabilité relative est perçue comme un signe de maturité et de solidité, contrastant avec la volatilité des marchés actions ou cryptos.
Certains analystes estiment que l’or pourrait retrouver un élan haussier si les banques centrales assouplissent davantage leur politique monétaire, ou si de nouvelles crises viennent perturber les marchés mondiaux.
Or numérique et concurrence des actifs digitaux
L’émergence de Bitcoin comme « or numérique » a pu ébranler la domination du métal précieux dans l’esprit de certains investisseurs. Toutefois, les deux actifs ne s’adressent pas toujours au même public.
L’or reste préféré par :
- Les institutions (banques centrales, fonds souverains)
- Les investisseurs prudents ou conservateurs
- Les zones à faible infrastructure technologique
En revanche, Bitcoin attire une génération plus jeune, plus technophile et orientée vers la performance spéculative à court terme.
En 2025, ces deux actifs semblent coexister comme solutions de protection face à l’incertitude, mais l’or conserve une avantage historique, juridique et logistique.
Quelle place pour l’or dans un portefeuille en 2025 ?
Malgré un rendement peu spectaculaire, l’or joue toujours un rôle stratégique de stabilisation. Les gestionnaires de patrimoine recommandent généralement une exposition comprise entre 5 % et 15 % du portefeuille total, selon le profil de risque.
Il peut :
- Réduire la volatilité globale
- Agir comme couverture contre l’inflation
- Servir de réserve en cas de crise systémique
L’important est de ne pas le percevoir comme un outil de spéculation, mais comme une assurance financière, dont la valeur réelle se révèle en période de turbulence.
Conclusion
L’or reste, en 2025, une valeur refuge pertinente. Même s’il n’offre pas les rendements spectaculaires d’autres actifs, il assure stabilité, sécurité et diversification dans un monde marqué par l’imprévisibilité.
Son rôle ne réside pas dans la performance brute, mais dans sa capacité à protéger le capital quand tout le reste vacille. Et dans un monde financier en constante mutation, cette fonction est plus précieuse que jamais.



