Ethereum revient sous pression à un moment particulièrement délicat pour le marché crypto. Alors que certains investisseurs espéraient que le rebond récent puisse marquer le début d’une reprise plus solide, de nouveaux avertissements techniques suggèrent au contraire qu’il pourrait s’agir d’un piège haussier de plus. Selon une analyse relayée par Leshka.eth, l’Ether pourrait plonger jusqu’à 1 200 dollars dans les prochaines semaines si un niveau technique clé venait à céder.
L’idée n’est pas simplement basée sur une intuition de marché ou sur un scénario extrême destiné à faire réagir. Elle repose sur une répétition graphique, autrement dit une structure de type fractal, qui rappelle deux épisodes récents au cours desquels Ethereum avait semblé reprendre de la force avant de s’effondrer brutalement. Dans ces deux cas, le même type de retournement technique s’était mis en place, et la rupture du support avait été suivie d’une chute de 45 %, puis de 48 %.
Aujourd’hui, ce schéma semble se reformer autour de la zone des 1 990 dollars. Et c’est précisément ce point qui transforme la situation actuelle en moment critique. Si Ethereum échoue à préserver ce niveau, la thèse d’une glissade beaucoup plus profonde deviendrait nettement plus crédible, avec un objectif baissier qui ramènerait le marché vers la zone des 1 200 dollars.
Le plus préoccupant est que cet avertissement technique ne survient pas dans le vide. Il apparaît alors que le contexte macroéconomique mondial devient plus hostile, que l’appétit pour le risque s’affaiblit, que les flux sortent des ETF spot Ether aux États-Unis et que les plus gros portefeuilles ne montrent pas de réelle volonté d’accumulation. Pris ensemble, ces éléments dessinent un tableau beaucoup plus fragile qu’il n’y paraît au premier regard.
Une configuration technique qui rappelle deux fortes chutes passées
L’argument central de l’analyste repose sur l’indicateur Supertrend en données journalières. Cet indicateur est une ligne de suivi de tendance directement tracée sur le graphique du prix. Son fonctionnement est relativement simple : lorsqu’il passe au vert, il suggère une dynamique haussière ; lorsqu’il redevient rouge, il indique une tendance baissière.
Sur le papier, un basculement haussier de ce type peut sembler encourageant. Mais le problème, dans le cas d’Ethereum, est que deux signaux comparables apparus en octobre 2025 puis en janvier 2026 n’ont pas débouché sur une vraie reprise durable. Au contraire, ces basculements haussiers ont agi comme des leurres. Le prix est bien passé au-dessus de la bande supérieure du Supertrend, laquelle s’est ensuite transformée en support apparent. Mais une fois ce support perdu, la reprise s’est désintégrée et l’Ether a chuté lourdement.
C’est précisément ce que Leshka.eth estime en train de se reproduire. La structure actuelle autour de 1 990 dollars ressemble fortement à ces précédents épisodes. Si ce niveau cède, l’analyste considère que le prochain grand objectif se situe dans la zone des 1 200 dollars.
Ce type de lecture attire l’attention parce qu’il ne s’appuie pas seulement sur une ligne isolée ou un seuil psychologique. Il s’appuie sur la mémoire récente du marché. Et lorsque le même actif répète plusieurs fois un comportement similaire dans des conditions proches, les traders et les analystes commencent à traiter cette répétition avec beaucoup plus de sérieux.
Le risque du “bull trap” revient au centre du débat
Le terme “bull trap”, ou piège haussier, est de plus en plus pertinent dans le cas d’Ethereum. Un bull trap se produit lorsqu’un actif donne l’impression de repartir franchement à la hausse, attire de nouveaux acheteurs, puis échoue rapidement et bascule violemment à la baisse. Ce type de séquence est particulièrement destructeur pour le moral du marché, car il piège à la fois les investisseurs trop optimistes et ceux qui croyaient à un retournement confirmé.
Dans le cas présent, Ethereum a effectivement tenté de rebondir. Il a repris une partie de ses pertes de mars, ce qui a pu nourrir l’idée qu’un plancher commençait à se former. Mais cette amélioration s’est vite heurtée à un environnement plus large qui ne soutient pas franchement les actifs risqués. Le résultat, c’est une reprise qui manque de conviction et qui commence à ressembler à l’un de ces faux départs que le marché connaît régulièrement dans les phases baissières prolongées.
Le danger avec ce genre de structure, c’est qu’elle ne se contente pas d’échouer. Elle peut accélérer la baisse en sapant brutalement la confiance restante. Les investisseurs qui avaient commencé à se repositionner sont forcés de sortir, les traders qui attendaient la confirmation voient la rupture comme un signal baissier, et les vendeurs reprennent la main avec davantage de conviction.
C’est pour cela que la zone des 1 990 dollars concentre aujourd’hui autant d’attention. Ce n’est pas seulement un support. C’est le point à partir duquel le marché devra prouver qu’il n’est pas en train de répéter le même piège qu’auparavant.
La figure du bear flag renforce la cible baissière
L’avertissement vers 1 200 dollars ne repose pas uniquement sur le Supertrend. Il s’aligne également avec la cible théorique d’une figure de bear flag, ou drapeau baissier, visible sur le graphique d’Ethereum.
Le bear flag est une structure de continuation baissière. Elle apparaît généralement après une chute marquée, suivie d’un rebond ou d’une consolidation légèrement ascendante qui donne l’impression d’un apaisement. Mais au lieu de marquer le début d’une reprise, cette pause agit souvent comme une respiration avant une nouvelle jambe de baisse.
Dans ce type de modèle, la cassure de la borne inférieure de la figure déclenche souvent une projection baissière mesurée à partir de la hauteur du mouvement précédent. C’est ce mécanisme qui renforce ici le scénario d’un repli vers 1 200 dollars. Lorsque plusieurs signaux techniques convergent vers la même zone cible, les analystes ont tendance à considérer le scénario comme plus sérieux, même s’il reste conditionné à la rupture effective du support.
Cela ne signifie pas que le marché va forcément s’effondrer jusqu’à ce niveau de manière linéaire. Mais cela signifie que, si la structure se valide, l’espace de baisse devient nettement plus important que ne le laisse penser une simple correction ordinaire.
Le contexte macroéconomique se détériore rapidement
Le danger technique serait déjà suffisant en lui-même. Mais ce qui rend la situation encore plus fragile, c’est que le contexte macroéconomique mondial s’est nettement détérioré.
L’appétit pour le risque s’est affaibli à mesure que la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran s’intensifie. Les marchés sont de nouveau dominés par les préoccupations énergétiques, les craintes de ralentissement et l’incertitude géopolitique. Dans un environnement de ce type, les actifs spéculatifs ont généralement du mal à s’imposer. Les investisseurs cherchent davantage à protéger leur capital qu’à se repositionner agressivement sur des actifs volatils.
En parallèle, les craintes de récession ont progressé. Le marché obligataire envoie lui aussi des signaux défensifs, et l’idée selon laquelle la Réserve fédérale pourrait baisser rapidement ses taux a perdu beaucoup de terrain. Selon les éléments évoqués dans cette lecture de marché, les traders obligataires n’anticipent plus de baisse de taux de la Fed avant décembre 2027.
Pour Ethereum, ce point est loin d’être secondaire. Les cryptomonnaies réagissent fortement à la liquidité globale, au coût du capital et au sentiment de marché. Si les conditions monétaires restent plus strictes plus longtemps, la capacité de l’Ether à attirer des flux spéculatifs importants reste limitée. En d’autres termes, même si Ethereum avait une structure technique plus propre, le contexte macro compliquerait déjà les choses. Avec une structure fragile, le problème devient bien plus sérieux.
Les flux sortants des ETF spot Ether accentuent la pression
Autre élément préoccupant : les flux liés aux ETF spot Ether aux États-Unis ne donnent pas l’image d’un marché en train de se renforcer. Sur une période récente d’environ deux semaines, ces produits ont enregistré près de 300 millions de dollars de sorties nettes.
Ce chiffre est important parce qu’il donne un aperçu du comportement des investisseurs institutionnels ou assimilés, qui utilisent ces véhicules d’investissement pour obtenir une exposition à l’Ether sans passer directement par le marché spot traditionnel. Lorsque ces produits enregistrent des sorties nettes significatives, cela suggère qu’une partie du capital préfère réduire son exposition plutôt que de profiter des replis pour se renforcer.
Dans une phase de reprise solide, on s’attendrait plutôt à voir les flux se stabiliser, voire revenir. Le fait que ce ne soit pas le cas renforce l’idée que le marché n’achète pas encore vraiment le scénario de retournement haussier. Et lorsque les flux institutionnels manquent, la reprise devient plus difficile à soutenir, surtout sur un actif comme Ethereum qui reste dépendant de la confiance globale.
La demande apparente pour Ethereum est au plus bas depuis 16 mois
L’un des signaux les plus préoccupants du moment concerne la demande apparente pour l’Ether. Celle-ci serait retombée à son plus bas niveau depuis 16 mois. Cela veut dire que, malgré un rebond récent du prix, la toile de fond de la demande ne s’améliore pas réellement.
Ce décalage entre le prix et la demande est souvent un mauvais signe. Dans les marchés fragiles, un actif peut remonter pendant quelque temps simplement parce que la pression vendeuse se réduit, ou parce qu’une partie du marché parie sur un rebond technique. Mais si cette hausse n’est pas soutenue par une vraie amélioration de la demande sous-jacente, elle devient beaucoup plus vulnérable à un nouveau retournement.
Autrement dit, le prix peut donner l’illusion d’une stabilisation, alors que les fondations du marché restent faibles. C’est exactement le type de configuration dans laquelle un bull trap peut se former.
Les baleines n’accumulent pas vraiment
Les données de Glassnode montrent également que le récent rebond d’Ethereum n’a pas déclenché une accumulation large parmi les grands portefeuilles. C’est l’un des éléments les plus significatifs pour évaluer la solidité d’une reprise.
Les méga-baleines, c’est-à-dire les adresses détenant plus de 10 000 ETH, ont vu leur nombre se stabiliser après un pic atteint à la fin de 2025. La variation sur 30 jours est simplement revenue vers une zone neutre après plusieurs mois de baisse, ce qui ne ressemble en rien à une accumulation agressive.
Le tableau est similaire pour les cohortes un peu plus petites. Les baleines détenant entre 1 000 et 10 000 ETH restent en dessous de leurs sommets de fin 2025, et leur variation sur 30 jours oscille autour de niveaux plats ou légèrement négatifs. Les adresses dites “sharks”, détenant entre 100 et 1 000 ETH, restent elles aussi nettement sous leurs pics de l’an dernier.
En résumé, les gros détenteurs ne se comportent pas comme s’ils voyaient ce marché comme une grande opportunité d’achat. Et c’est un point très important. Dans les phases où un vrai plancher est en construction, on observe souvent une reprise d’accumulation chez les grands porteurs. Ici, ce mouvement n’apparaît pas de manière convaincante.
Une distribution persistante et une conviction faible
Pris ensemble, ces éléments suggèrent que le marché reste dominé par une logique de distribution plutôt que d’accumulation. Cela ne veut pas dire que tous les gros porteurs vendent massivement à chaque instant. Cela signifie plutôt que la conviction acheteuse reste insuffisante dans les cohortes qui comptent le plus.
Ce manque de conviction renforce fortement le risque d’une chute plus profonde si la zone des 1 990 dollars cède. Parce que lorsqu’un support majeur casse dans un marché où les grands détenteurs n’achètent pas franchement, il devient plus difficile de trouver une base défensive solide. Les vendeurs prennent plus facilement la main, et les acheteurs de court terme sont plus vite découragés.
Cela explique pourquoi le seuil des 1 990 dollars ne doit pas être lu comme un simple niveau parmi d’autres. Il représente le point à partir duquel la faiblesse structurelle du marché pourrait devenir beaucoup plus visible.
Il existe quand même quelques signaux haussiers
Le tableau n’est pas entièrement noir. Quelques éléments plus constructifs existent encore pour Ethereum. Parmi eux, l’augmentation du montant d’Ether placé en staking et la baisse de l’offre disponible sur les plateformes d’échange à des plus bas de dix ans.
Ces deux points peuvent être interprétés comme des signes de soutien structurel à plus long terme. Le staking retire une partie de l’offre liquide du marché et reflète une certaine confiance dans le réseau. De même, une baisse durable de l’offre sur les exchanges peut limiter la pression vendeuse disponible immédiatement.
Mais pour l’instant, ces signaux positifs ne semblent pas suffisants pour annuler les inquiétudes plus pressantes. Ils peuvent constituer un socle de fond pour l’avenir, mais le marché reste dominé par la dynamique du court et du moyen terme : macro fragile, faiblesse de la demande, absence d’accumulation convaincante et risque technique croissant.
Ce que les acheteurs doivent absolument défendre
Pour éviter que le scénario baissier vers 1 200 dollars prenne le dessus, les acheteurs doivent protéger plusieurs choses en même temps.
D’abord, évidemment, la zone des 1 990 dollars. Si ce niveau tient, la configuration la plus inquiétante reste incomplète. Ensuite, il faudra montrer que le rebond peut s’accompagner d’une amélioration réelle de la demande, et pas seulement d’un sursaut technique. Les flux vers les ETF devront cesser de se dégrader. Les grands portefeuilles devront montrer davantage de conviction. Et le contexte macro devra au minimum cesser de se détériorer.
Sans cela, même une stabilisation temporaire pourrait n’être qu’un délai supplémentaire avant une nouvelle jambe de baisse.
Conclusion
Ethereum se trouve dans une zone particulièrement délicate. L’avertissement de Leshka.eth sur une possible chute vers 1 200 dollars n’est pas une simple exagération spectaculaire. Il s’appuie sur un schéma déjà observé deux fois récemment, où de faux retournements haussiers ont précédé des baisses de 45 % et 48 %. Aujourd’hui, la même mécanique semble se reformer autour de la zone des 1 990 dollars.
Ce risque technique est renforcé par plusieurs facteurs de fond : un contexte macroéconomique plus hostile, une baisse de l’appétit pour le risque liée à la guerre au Moyen-Orient, des sorties nettes des ETF spot Ether, une demande apparente au plus bas depuis 16 mois et une absence claire d’accumulation chez les baleines.
Il existe encore quelques signaux positifs, notamment la progression du staking et la baisse de l’offre sur les plateformes. Mais pour le moment, ils ne suffisent pas à compenser la faiblesse globale de la structure.
La question centrale est désormais simple : Ethereum peut-il défendre les 1 990 dollars et prouver qu’il ne s’agit pas d’un nouveau piège haussier ? Si la réponse est non, alors le scénario d’une glissade vers 1 200 dollars pourrait rapidement cesser d’être un simple avertissement pour devenir une véritable trajectoire de marché.



