L’or reste proche de son niveau le plus élevé depuis plus de deux mois après une forte progression alimentée par la baisse des rendements obligataires américains et par un dollar relativement plus faible.
Le mouvement a été déclenché par l’annonce surprise du Trésor américain, qui a décidé de doubler la taille de certaines opérations de rachat destinées à soutenir la liquidité sur les obligations d’État à longue échéance. Cette augmentation de la demande pour les Treasuries a contribué à faire reculer les rendements longs et à améliorer l’environnement pour le métal précieux.
À 02:37 GMT, l’or au comptant reculait néanmoins de 0,7 % à 4 491,35 dollars l’once après avoir atteint 4 527,67 dollars en séance. Les contrats à terme sur l’or progressaient légèrement de 0,1 % à 4 548,51 dollars.
Cette stabilisation intervient après une hausse de plus de 4 % mercredi.
Les rachats du Trésor changent temporairement l’équilibre du marché obligataire
Le principal moteur du mouvement vient du marché de la dette américaine.
Le Trésor a annoncé qu’il augmenterait fortement certaines opérations de rachat sur les obligations à longue maturité. L’objectif de ces opérations est notamment de soutenir la liquidité du marché.
En augmentant sa demande pour certaines obligations, le gouvernement a contribué à faire baisser leurs rendements.
Cette évolution bénéficie directement à l’or.
Le métal ne verse aucun intérêt. Lorsque les rendements obligataires augmentent, les obligations deviennent plus attractives en comparaison. Lorsque les rendements baissent, cet avantage relatif diminue.
Le coût d’opportunité lié à la détention d’or se réduit donc.
La baisse des rendements redonne un avantage au métal
La relation entre l’or et les taux reste centrale.
Un environnement de rendements plus faibles rend généralement les actifs sans coupon plus compétitifs.
Cette dynamique explique pourquoi la réaction du marché a été rapide après l’annonce du Trésor.
Le rebond de l’or s’est donc inscrit dans un contexte où les investisseurs ont immédiatement recalibré le coût relatif de détention du métal face aux obligations américaines.
Le dollar offre également un soutien
Le dollar est resté relativement contenu, même si le Dollar Index progressait légèrement de 0,1 % à 98,84.
Un dollar moins ferme peut soutenir les métaux libellés en devise américaine.
Pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies, un dollar plus faible rend l’or relativement moins cher.
Ce facteur ajoute un soutien supplémentaire lorsque les rendements diminuent simultanément.
Les conditions financières deviennent un nouveau sujet de marché
Les analystes d’ANZ ont interprété l’augmentation des rachats comme un signal montrant que les autorités cherchent à réduire les coûts d’emprunt.
Si cette stratégie contribue à assouplir les conditions financières, elle pourrait créer un environnement plus favorable pour l’or.
Le marché ne réagit donc pas uniquement à une opération technique sur la dette.
Il évalue également ce que cette décision pourrait signifier pour la direction générale des conditions financières américaines.
La dette publique américaine dépasse 40 000 milliards de dollars
L’annonce intervient dans un contexte de préoccupations croissantes concernant les finances publiques américaines.
Selon le département du Trésor, la dette totale du gouvernement américain a dépassé pour la première fois 40 000 milliards de dollars.
Cette étape ravive les inquiétudes sur la soutenabilité budgétaire.
Les dépenses liées aux programmes sociaux et aux intérêts progressent plus vite que les revenus, y compris après les réductions d’impôts évoquées dans le texte.
La question budgétaire pourrait rester favorable à l’or
Les inquiétudes autour de la dette peuvent renforcer l’intérêt pour l’or à plus long terme.
Le métal est souvent recherché lorsque les investisseurs deviennent plus préoccupés par les finances publiques, l’inflation ou la stabilité économique.
Dans le contexte actuel, l’or bénéficie donc à la fois d’un facteur immédiat lié aux rendements et d’un environnement plus large dominé par les questions budgétaires.
Le rebond avait commencé avant l’annonce du Trésor
L’or ne partait pas d’un marché totalement faible.
ANZ souligne que le métal avait déjà commencé à récupérer après avoir brièvement touché 4 000 dollars l’once le mois dernier.
Depuis ce niveau, la demande des investisseurs et les achats des banques centrales ont contribué à soutenir la reprise.
L’annonce du Trésor a donc renforcé un mouvement déjà engagé.
Les banques centrales restent un facteur structurel
La demande institutionnelle continue de jouer un rôle important.
Une enquête du World Gold Council a montré que 45 % des banques centrales interrogées prévoyaient d’augmenter leurs réserves d’or.
Les principales raisons citées étaient l’inflation et l’incertitude géopolitique.
Cette demande constitue un soutien différent de celui provenant des mouvements à court terme des rendements.
Le principal obstacle reste la Fed
Malgré le soutien créé par la baisse des rendements, la Réserve fédérale reste une source de risque.
Les minutes de la réunion de juillet montrent que plusieurs responsables étaient prêts à relever les taux.
De nombreux membres ont également indiqué qu’une hausse pourrait devenir nécessaire si l’inflation ne revenait pas suffisamment vers l’objectif de 2 %.
Cette posture limite la capacité du marché à adopter une vision totalement accommodante.
L’inflation reste la contrainte centrale
Pour la Fed, le problème principal reste la trajectoire des prix.
Si l’inflation reste trop élevée, la banque centrale pourrait maintenir une politique restrictive.
Cela soutiendrait les rendements et pèserait potentiellement sur l’or.
Le marché reste donc partagé entre des conditions financières qui se détendent et une banque centrale qui refuse encore d’écarter la possibilité d’un nouveau resserrement.
Le marché privilégie toutefois un statu quo en septembre
Selon CME FedWatch, les marchés attribuent une probabilité de 67,3 % à un maintien des taux lors de la réunion de septembre.
La probabilité d’une hausse est évaluée à 32,7 %.
Cela montre que le scénario central reste celui d’une absence de modification immédiate.
Mais la probabilité d’un relèvement reste suffisamment élevée pour limiter l’enthousiasme des acheteurs d’or.
Le métal reste proche de ses récents sommets
Malgré le recul ponctuel du XAU/USD, l’or reste proche de son sommet intraday à 4 527,67 dollars.
Cette capacité à rester à proximité de ses plus hauts après une hausse de plus de 4 % suggère que le marché conserve une base de demande solide.
Les contrats à terme restent eux aussi proches de niveaux élevés, à 4 548,51 dollars.
L’argent reste stable, le platine recule
Les autres métaux précieux affichent une performance plus contrastée.
L’argent évoluait pratiquement inchangé autour de 66,99 dollars l’once.
Le platine reculait de 1,1 % à 1 801,42 dollars.
Cette divergence montre que le mouvement actuel reste particulièrement concentré sur l’or.
La prochaine direction dépendra surtout des rendements et de la Fed
Le marché devra désormais déterminer si la baisse des rendements peut se poursuivre.
Si les rachats du Trésor continuent d’exercer une pression baissière sur les taux longs, l’or pourrait conserver un environnement favorable.
À l’inverse, un retour des inquiétudes inflationnistes ou une nouvelle hausse des anticipations de taux pourrait restaurer la pression.
Conclusion
L’or reste proche d’un sommet de plus de deux mois après l’annonce surprise du Trésor américain sur l’augmentation de ses opérations de rachat de dette à longue échéance.
Cette décision a contribué à faire baisser les rendements obligataires et à soutenir le métal après une hausse de plus de 4 % mercredi.
Le marché bénéficie également d’une demande soutenue des investisseurs et des banques centrales, mais la prudence reste nécessaire face à une Fed toujours préoccupée par l’inflation.
Point clé final
Le soutien actuel de l’or repose principalement sur la baisse des rendements et sur l’idée que les conditions financières pourraient devenir plus accommodantes. Tant que cette dynamique persiste, le métal conserve un environnement favorable. Le principal risque reste un retour d’une politique plus restrictive de la Fed si l’inflation ne converge pas suffisamment vers 2 %.



