Actualités

L’or grimpe près de son plus haut de trois semaines après le cessez-le-feu avec l’Iran et conserve une perspective positive à court terme

L’or grimpe près de son plus haut de trois semaines après le cessez-le-feu avec l’Iran

L’or a retrouvé de la vigueur sur les marchés asiatiques ce mercredi et s’est rapproché de son plus haut de trois semaines, porté par une combinaison de dollar plus faible, d’apaisement géopolitique et d’amélioration du contexte technique. Le mouvement a eu lieu après que le président américain Donald Trump a accepté un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran, ce qui a permis d’éviter des frappes prévues contre des infrastructures civiles iraniennes et a réduit, au moins temporairement, le risque d’une escalade plus large au Moyen-Orient.

Le contrat or pour juin sur le COMEX a progressé de 2,2 % pour atteindre 4 836,59 dollars l’once, après avoir touché 4 886 dollars plus tôt dans la séance, son plus haut niveau depuis le 19 mars. La hausse a retenu l’attention non seulement par son ampleur, mais aussi par son contexte. Le marché sortait d’une période plus erratique, au cours de laquelle le métal précieux n’avait pas toujours réagi de façon classique à la montée des tensions géopolitiques.

Cette fois, le contexte semble plus favorable. La trêve entre Washington et Téhéran a affaibli le dollar, a réduit une partie de la pression sur les actifs risqués et a créé un environnement dans lequel l’or a pu de nouveau en profiter. En parallèle, la forte baisse du pétrole et l’amélioration du ton sur les marchés actions ont renforcé l’idée que les investisseurs sont en train de réévaluer rapidement le choc géopolitique qui dominait les dernières semaines.

La lecture immédiate est claire : l’accord temporaire entre les États-Unis et l’Iran n’a pas effacé toutes les incertitudes, mais il a modifié l’équilibre émotionnel du marché. Et dans ce nouvel environnement, l’or a réussi à regagner du terrain et à relancer les attentes d’une poursuite de la hausse à court terme.

La trêve entre les États-Unis et l’Iran a changé le ton des marchés

L’accord de cessez-le-feu de deux semaines a eu un effet immédiat sur plusieurs classes d’actifs. Le marché a interprété l’annonce comme un signal de détente géopolitique, même si celle-ci reste partielle et temporaire. Cela a suffi à modifier rapidement le positionnement des investisseurs sur l’or, les actions, le pétrole et les devises.

Avant cet accord, le risque de nouvelles actions militaires et d’attaques contre des infrastructures civiles faisait monter fortement le degré d’incertitude mondiale. La crainte était celle d’un conflit plus large, capable de provoquer davantage de perturbations sur l’énergie, la logistique et les chaînes d’approvisionnement. Avec la trêve, une partie de ce scénario extrême a été repoussée. Et les marchés ont réagi comme ils le font souvent lorsque le pire ne semble plus imminent : ils ont rapidement revu leurs prix.

Les futures du S&P 500 ont progressé de plus de 2 % pendant la nuit, tandis que le pétrole WTI chutait d’environ 18 %. Ce mouvement combiné est important. Il montre que le marché a commencé à intégrer un moindre risque de choc énergétique immédiat et une pression inflationniste potentiellement plus faible en provenance du pétrole. Dans ce contexte, l’or a trouvé un espace pour monter en parallèle des actions, ce qui peut paraître surprenant au premier abord, mais devient logique lorsque l’impulsion principale vient du repli du dollar et d’un changement dans les anticipations de taux.

Au lieu de fonctionner seulement comme actif de protection face à la peur, l’or a recommencé à être acheté aussi comme actif susceptible de bénéficier d’un environnement monétaire potentiellement moins restrictif plus tard dans l’année.

Le dollar plus faible a directement soutenu le métal

L’un des moteurs les plus directs de la hausse de l’or a été le recul du dollar. Comme le métal est coté en devise américaine, une baisse du billet vert tend à rendre l’or plus attractif pour les acheteurs internationaux, ce qui soutient généralement les prix.

Ce mécanisme a été très visible lors de cette séance. L’annonce de la trêve a réduit une partie de la demande immédiate de protection en dollar, tout en relançant l’idée que, si la tension au Moyen-Orient ne repart pas rapidement à la hausse, la Réserve fédérale pourrait retrouver davantage de marge pour envisager des baisses de taux plus tard dans l’année.

Cette relation entre dollar, taux et or reste fondamentale. Le métal précieux ne verse pas de rendement, ce qui signifie qu’il tend à perdre de son attrait lorsque les taux montent ou lorsque le marché anticipe des taux plus élevés plus longtemps. Mais lorsque le dollar s’affaiblit et que les paris sur des baisses de taux reviennent, le coût d’opportunité de détenir de l’or diminue. Et cela améliore le contexte pour le métal.

C’est pourquoi la hausse récente de l’or ne doit pas être lue uniquement comme une réponse émotionnelle à la géopolitique. Elle reflète aussi une recalibration macroéconomique plus large, dans laquelle le marché commence à considérer un scénario de moindre pression monétaire si la crise ne s’aggrave pas de nouveau.

Le rôle de la diplomatie et la modification de la perception du risque

Un autre point important a été le rôle de la diplomatie dans la réduction temporaire de la tension. Selon les informations relayées par le marché, le Pakistan a joué un rôle de médiateur et a contribué à obtenir une prolongation de deux semaines du délai initialement imposé à Téhéran pour reprendre l’activité dans le détroit d’Ormuz. Ce détail compte, car ce passage reste l’un des points les plus sensibles du commerce énergétique mondial.

Avant cette avancée diplomatique, Trump avait déclaré dans une interview télévisée qu’il ne pouvait pas donner de détails parce que les négociations étaient très tendues. Ensuite, il a confirmé sur les réseaux sociaux qu’il accepterait de suspendre les bombardements et les attaques contre l’Iran, à condition que la voie maritime soit entièrement et immédiatement rouverte. Le président américain a également affirmé que le cessez-le-feu serait bilatéral et a laissé entendre qu’un accord plus durable pourrait être proche.

L’Iran, de son côté, a indiqué une volonté conditionnelle de réduire la tension, en acceptant d’autoriser un passage sûr par le détroit pendant le cessez-le-feu, à condition que les hostilités cessent et que les navires coordonnent leurs mouvements avec les autorités iraniennes. Israël aurait lui aussi accepté la trêve selon cette lecture du marché.

Cet enchaînement d’événements a contribué à réduire une partie de la prime de risque extrême intégrée dans plusieurs classes d’actifs. Et lorsque cette prime commence à sortir du système, l’or réagit non seulement à la détente géopolitique elle-même, mais aussi au changement d’anticipations macroéconomiques que cette détente produit.

L’or sortait d’une période plus étrange que d’habitude

Un élément important du moment actuel est que l’or ne s’était pas comporté de manière totalement classique pendant la crise avec l’Iran. Le mois dernier, le métal a enregistré sa pire baisse mensuelle depuis le début des années 1980, avec un repli de plus de 11 %, malgré la montée du risque géopolitique. Cela a surpris, car en théorie l’or aurait dû profiter plus nettement de la demande de protection.

L’explication avancée par les analystes a été très pragmatique. Les investisseurs et les banques centrales auraient été contraints de vendre de l’or pour répondre à des besoins de liquidité dans d’autres segments du marché. En d’autres termes, le métal aurait servi de source de trésorerie dans un environnement plus large de tension, ce qui l’a empêché de jouer pleinement son rôle de valeur refuge à court terme.

En parallèle, la hausse du pétrole a renforcé les craintes inflationnistes, poussant le marché à revoir à la hausse ses attentes de taux. Ce mouvement a également pesé sur l’or, puisque des taux plus élevés réduisent l’attrait d’un actif qui ne verse pas de rendement.

La reprise actuelle a donc une portée importante. Elle suggère qu’avec la trêve temporaire, une partie de ces pressions croisées commence à se détendre. Le marché n’a plus autant besoin de vendre de l’or pour couvrir d’autres urgences, et les anticipations de taux redeviennent potentiellement un peu moins hostiles au métal.

L’argent a lui aussi bondi, renforçant le mouvement sur les métaux

La force de l’or n’est pas venue seule. L’argent a également fortement progressé, avec une hausse de plus de 4 % dans la séance, au-dessus de la zone des 76 dollars l’once. Ce mouvement simultané renforce la lecture d’un retour plus constructif du marché sur l’ensemble des métaux précieux.

Quand l’or et l’argent montent ensemble, cela indique souvent une amélioration plus générale du sentiment sur le complexe des métaux, qu’elle vienne de facteurs techniques, monétaires, géopolitiques ou liés au dollar. Et dans le contexte actuel, on retrouve un peu de tout cela.

La trêve a réduit une partie du stress sur l’énergie, le dollar s’est affaibli, le marché a réévalué la trajectoire probable des taux, et le tableau technique s’est amélioré. Le résultat a été un retour plus coordonné de la demande acheteuse.

Le contexte technique redevient modérément haussier

D’un point de vue technique, la lecture de court terme s’est également améliorée. Selon Haresh Menghani de FXStreet, le biais immédiat est redevenu modérément haussier après que l’or a récupéré la zone médiane de sa récente consolidation.

Ce point est important, car il suggère que le mouvement actuel n’est pas seulement un rebond passager. Il commence à se structurer. Le MACD s’est retourné à la hausse en territoire positif, avec un histogramme en expansion, ce qui indique un renforcement du momentum haussier après la phase corrective précédente.

Cela dit, le scénario n’est pas celui d’une euphorie sans retenue. Menghani recommande une approche plus prudente et estime qu’il faut attendre une cassure franche au-dessus de la résistance située vers 4 920 dollars avant de considérer que l’or est prêt pour une nouvelle jambe de hausse plus consistante.

Si cette force est confirmée, les prochains objectifs deviennent la zone psychologique des 5 000 dollars, puis 5 141 dollars, un niveau associé au retracement de 78,6 %. Ces repères montrent bien que le marché voit encore un potentiel de hausse, à condition que la résistance la plus importante soit dépassée de manière convaincante.

Le soulagement n’efface pas encore toutes les incertitudes

Malgré l’amélioration visible à court terme, certains analystes continuent de souligner qu’il est trop tôt pour mesurer pleinement l’ampleur des dégâts économiques causés par les dernières semaines de tension et le véritable impact inflationniste du pétrole plus élevé pendant cette période.

Le cessez-le-feu de deux semaines soulage clairement une partie de la pression sur les chaînes d’approvisionnement et sur l’énergie, mais il n’efface pas automatiquement les effets déjà produits. Le marché devra encore évaluer si la trêve sera réellement respectée, si le détroit d’Ormuz restera effectivement ouvert et si le pétrole continuera à restituer une partie de ses gains récents.

Cela signifie que l’or restera très sensible aux titres politiques, au comportement du dollar et à l’évolution des anticipations de taux aux États-Unis. La hausse actuelle améliore nettement le tableau, mais elle ne met pas fin à la volatilité.

Conclusion

L’or a retrouvé de l’élan et s’est rapproché de son plus haut de trois semaines après que le cessez-le-feu temporaire entre les États-Unis et l’Iran a affaibli le dollar et amélioré le sentiment du marché. Le métal a été soutenu par une combinaison de détente géopolitique, de chute du pétrole, de retour des paris sur des baisses de taux et d’amélioration du contexte technique à court terme.

Le contrat de juin sur le COMEX est monté vers 4 836 dollars après avoir touché 4 886 dollars, tandis que le marché recommence à voir un potentiel de poursuite de la hausse. Cela dit, la résistance située autour de 4 920 dollars reste le niveau technique principal à franchir avant une progression plus ambitieuse vers 5 000 dollars et au-delà.

À court terme, le biais redevient donc constructif. Mais la solidité de ce mouvement dépendra du maintien de la trêve, du comportement du dollar et de la manière dont le marché interprétera l’impact du conflit sur l’inflation et les taux. Pour l’instant, l’or a retrouvé un rôle central — et cela suffit déjà à changer sensiblement le ton du marché.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

BourseNouvelle.com est un média spécialisé dans les actualités boursières, les cryptomonnaies et le trading en ligne. Retrouvez des analyses des marchés financiers, des prévisions économiques et des guides pour apprendre à investir en bourse et réussir en trading.

Les informations présentes sur BourseNouvelle.com sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils en investissement. Le trading et l’investissement comportent des risques de perte en capital. Il est recommandé de consulter un conseiller financier avant toute décision.

Contact :

Boursenouvelle @2026. Tous Droits Reservés.