L’économie britannique continue de résister beaucoup mieux que prévu malgré des taux élevés, une inflation persistante et les conséquences du choc énergétique.
Les données publiées ce jeudi 15 octobre par l’Office for National Statistics montrent que le produit intérieur brut a progressé de 0,1 % en août.
Les économistes interrogés avant la publication anticipaient au contraire une contraction de 0,1 %.
Sur un an, la croissance atteint désormais 2,1 %, son rythme le plus élevé depuis octobre 2022. En excluant la période de rattrapage qui avait suivi la pandémie, il faut remonter à décembre 2019 pour retrouver une progression aussi importante.
L’industrie manufacturière constitue l’une des principales surprises du rapport, avec une hausse mensuelle de 1,2 %.
Les services sont restés stables, alors qu’une contraction de 0,1 % était attendue.
Ces chiffres sont positifs pour l’économie, mais ils créent un paradoxe pour les marchés.
Une activité plus résistante réduit le risque de récession. Elle donne également davantage de marge à la Banque d’Angleterre pour augmenter ses taux afin de combattre une inflation qui reste supérieure à son objectif.
Le PIB britannique progresse de 0,1 % contre une baisse attendue
Le premier signal positif vient directement de l’activité mensuelle.
Le PIB a augmenté de 0,1 % en août.
Pris isolément, le chiffre peut sembler modeste.
Mais le consensus des économistes prévoyait une baisse de même ampleur.
L’écart entre les prévisions et le résultat est donc significatif.
L’économie britannique continue de déjouer les anticipations pessimistes malgré plusieurs facteurs défavorables : hausse des coûts énergétiques, rendements obligataires élevés et incertitudes géopolitiques.
Cette résistance réduit la probabilité d’un ralentissement brutal à court terme.
Elle modifie également progressivement les perspectives de politique monétaire.
La croissance annuelle atteint 2,1 %
Sur douze mois, le signal est encore plus net.
La croissance britannique atteint 2,1 %, contre un rythme moins important lors des mois précédents.
Il s’agit de la progression la plus élevée depuis octobre 2022.
Cette comparaison doit toutefois être interprétée avec prudence, car l’économie était encore affectée à cette époque par les distorsions liées à la reprise post-pandémie.
En excluant cet épisode particulier, le rythme actuel est le plus élevé depuis décembre 2019.
L’économie britannique retrouve donc une dynamique qui n’avait plus été observée dans des conditions économiques relativement normales depuis près de sept ans.
L’industrie manufacturière bondit de 1,2 %
La deuxième surprise importante vient de l’industrie.
La production manufacturière a progressé de 1,2 % sur le seul mois d’août.
Les économistes anticipaient une légère baisse.
Cette différence est importante car l’industrie britannique doit simultanément absorber des coûts énergétiques élevés et des conditions de financement beaucoup plus restrictives qu’au cours de la décennie précédente.
Une progression de 1,2 % suggère que certaines entreprises continuent d’enregistrer une demande suffisamment forte pour augmenter leur production.
Cela ne garantit pas que cette tendance se poursuivra.
Mais cela renforce l’idée que l’économie ne ralentit pas aussi rapidement que les taux d’intérêt actuels auraient pu le laisser penser.
Les services évitent également la contraction
Les services sont restés stables en août.
Le résultat paraît moins spectaculaire que celui de l’industrie, mais il dépasse également les attentes.
Les économistes prévoyaient une contraction de 0,1 %.
Cette différence est particulièrement importante au Royaume-Uni, où les services représentent la majeure partie de l’économie.
Une faiblesse durable de ce secteur aurait rapidement pesé sur la croissance globale.
Pour l’instant, ce scénario ne se matérialise pas.
Les données sur douze mois montrent même une progression relativement généralisée dans plusieurs activités de services.
La programmation informatique devient un moteur de croissance
La programmation informatique s’est particulièrement distinguée.
Le secteur a progressé de 1,1 % en août.
Depuis le début de l’année, sa production a augmenté de 13 %.
Sur les trois mois terminés en août, la programmation informatique représente la principale contribution à la croissance britannique.
Cette performance montre que la transformation numérique des entreprises commence à produire un effet mesurable dans les statistiques économiques.
Les investissements dans les logiciels, les infrastructures numériques et les capacités informatiques soutiennent désormais une partie de l’activité.
Le phénomène est suffisamment important pour influencer les chiffres du PIB national.
Le secteur information-communication progresse de 12 % cette année
L’expansion ne se limite pas à la programmation.
La production du secteur britannique de l’information et de la communication a augmenté d’environ 12 % depuis le début de l’année.
La comparaison avec les grandes économies européennes est notable.
Sur la même période, la progression est d’environ 2 % en Allemagne et seulement 0,2 % en France.
Le Royaume-Uni conserve ainsi un avantage relatif dans certaines activités numériques.
Cette spécialisation pourrait devenir importante si les investissements technologiques continuent d’augmenter.
Elle ne suffit toutefois pas à résoudre les problèmes structurels de productivité de l’ensemble de l’économie britannique.
L’investissement des entreprises soutient l’activité
Les dépenses des entreprises dans les équipements technologiques constituent également un moteur important.
Les investissements en matériel informatique ont contribué aux performances supérieures aux attentes observées cette année.
Cette dynamique est essentielle pour deux raisons.
À court terme, les investissements soutiennent directement la demande et le PIB.
À plus long terme, ils peuvent améliorer la productivité.
Une entreprise capable d’automatiser certaines tâches ou d’utiliser plus efficacement ses données peut produire davantage avec une quantité similaire de travail et de capital.
Si cette amélioration se généralise, le potentiel de croissance britannique pourrait augmenter.
Le Royaume-Uni s’est distingué au sein du G7
Les performances récentes replacent également l’économie britannique dans une position inhabituelle.
Au premier semestre 2026, le Royaume-Uni a partagé avec les États-Unis la première place en matière de croissance parmi les économies du G7.
Cette performance contraste avec les inquiétudes observées en début d’année.
Le choc énergétique et la hausse des coûts de financement avaient alimenté les craintes d’un ralentissement beaucoup plus marqué.
Pour l’instant, l’économie a mieux résisté.
Cela ne signifie pas que tous les risques ont disparu.
Mais les données publiées depuis plusieurs mois montrent que les prévisions les plus pessimistes ne se sont pas matérialisées.
Le troisième trimestre pourrait dépasser la prévision de la BoE
Les données d’août ont une conséquence particulièrement importante pour la Banque d’Angleterre.
La croissance du troisième trimestre semble désormais susceptible de dépasser les 0,4 % anticipés par la banque centrale.
Si cette tendance se confirme, la BoE devra intégrer une économie plus robuste que prévu dans ses prochaines projections.
Cette situation peut modifier l’évaluation du niveau approprié des taux.
Une banque centrale hésite généralement davantage à augmenter ses taux lorsque l’économie est proche de la récession.
Lorsque l’activité continue de progresser, elle dispose de davantage de marge pour combattre l’inflation.
C’est précisément le dilemme qui apparaît actuellement au Royaume-Uni.
Le taux directeur est toujours à 3,75 %
Le taux directeur de la Banque d’Angleterre s’établit actuellement à 3,75 %.
Contrairement à la Réserve fédérale américaine ou à la Banque centrale européenne, la BoE n’a pas encore relevé ses taux depuis le déclenchement du nouveau choc énergétique en février.
Cette prudence pourrait bientôt prendre fin.
Une enquête Reuters publiée également ce jeudi montre qu’une large majorité d’économistes s’attend désormais à une hausse en novembre.
Sur 63 économistes interrogés entre le 12 et le 14 octobre, 54 prévoient une augmentation de 25 points de base.
Le Bank Rate passerait alors de 3,75 % à 4 %.
Les économistes ont radicalement changé leurs prévisions
Le changement de perception est spectaculaire.
Lors de l’enquête précédente, environ 90 % des économistes pensaient que la Banque d’Angleterre conserverait ses taux inchangés jusqu’à la fin de l’année.
Quelques semaines plus tard, une large majorité prévoit désormais une hausse dès novembre.
Cette évolution montre à quelle vitesse l’environnement macroéconomique a changé.
L’inflation reste trop élevée.
Les prix de l’énergie ont fortement augmenté.
Et l’économie continue de dépasser les prévisions de croissance.
Ces trois éléments renforcent simultanément les arguments en faveur d’un resserrement monétaire.
L’inflation britannique reste à 3,1 %
L’inflation se situe actuellement à 3,1 %.
Elle reste donc nettement supérieure à l’objectif de 2 % de la Banque d’Angleterre.
Mais le principal problème vient de la trajectoire attendue.
Les économistes prévoient désormais une nouvelle accélération.
Selon l’enquête publiée jeudi, l’inflation devrait atteindre en moyenne 3,6 % au quatrième trimestre.
Elle pourrait ensuite atteindre 3,8 % au premier trimestre 2027.
La Banque d’Angleterre elle-même envisage un pic supérieur à 4 % au début de l’année prochaine.
Si ces projections se réalisent, l’écart avec l’objectif deviendra beaucoup plus important.
Le choc énergétique n’est pas encore entièrement transmis aux consommateurs
La hausse du pétrole et de l’énergie constitue une partie importante du problème.
Les coûts ont fortement augmenté depuis le début des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Mais leur transmission à l’inflation domestique n’est pas instantanée.
Certaines entreprises disposent de contrats énergétiques fixés plusieurs mois à l’avance.
D’autres utilisent des mécanismes de couverture.
Les ménages peuvent également être protégés temporairement par la structure de certains tarifs.
Cela signifie qu’une partie de la hausse observée sur les marchés énergétiques peut apparaître dans les prix avec plusieurs mois de retard.
La BoE doit donc prendre ses décisions avant de connaître l’impact final.
Andrew Bailey a préparé le terrain pour une hausse
Le gouverneur Andrew Bailey a récemment laissé entendre que les conditions nécessaires à une hausse des taux se rapprochaient.
Cette évolution est importante car Bailey s’était jusqu’ici montré prudent face à un nouveau resserrement.
Le Comité de politique monétaire reste néanmoins divisé.
Certains membres craignent davantage la persistance de l’inflation.
D’autres estiment qu’une partie du choc actuel provient principalement de facteurs externes que les taux britanniques ne peuvent pas contrôler.
Les données de croissance publiées aujourd’hui donnent davantage de poids au premier groupe.
Une économie plus forte réduit le coût potentiel d’une hausse de taux.
Une hausse à 4 % en novembre devient le scénario central
La prochaine réunion importante de la Banque d’Angleterre doit donc être surveillée de près.
Le scénario central des économistes est désormais une hausse de 25 points de base.
Le taux directeur atteindrait 4 %.
Il s’agirait de la première augmentation en plus de trois ans.
Le mouvement aurait une importance symbolique.
Après une longue phase durant laquelle le débat portait essentiellement sur la vitesse des baisses de taux, la direction de la politique monétaire se serait complètement inversée.
Le marché ne se demanderait plus quand les taux baisseront.
Il chercherait à déterminer jusqu’où ils peuvent remonter.
Le marché va beaucoup plus loin que les économistes
La divergence entre économistes et investisseurs devient également importante.
Les marchés financiers intègrent plusieurs augmentations de taux d’ici la fin de 2027.
Les économistes sont beaucoup plus prudents.
Après la hausse attendue en novembre, il n’existe pas de majorité claire concernant les décisions suivantes.
Parmi les personnes interrogées, 30 sur 61 prévoient une augmentation supplémentaire au premier trimestre 2027.
Autrement dit, pratiquement la moitié seulement envisage un deuxième mouvement rapide.
Cette divergence crée un risque important pour les obligations et la livre sterling.
Une inflation proche de 4 % pourrait changer cette prudence
Les prévisions d’inflation expliquent pourquoi le marché anticipe davantage de resserrement.
Les économistes ont nettement relevé leurs estimations.
Ils prévoient désormais une inflation moyenne de 3,6 % au quatrième trimestre et de 3,8 % au premier trimestre 2027.
Pour l’ensemble de 2027, l’inflation est attendue autour de 3 %.
Ces niveaux restent durablement supérieurs à l’objectif de la BoE.
Si les données réelles suivent cette trajectoire, les membres les plus prudents du Comité pourraient être contraints de revoir leur position.
À l’inverse, un ralentissement rapide des prix réduirait fortement la nécessité d’enchaîner les hausses.
Les gilts restent au cœur du problème
Le marché obligataire britannique constitue un autre élément essentiel.
Les coûts d’emprunt du gouvernement ont récemment atteint leurs niveaux les plus élevés depuis plusieurs décennies.
Cette situation reflète à la fois l’inflation, les anticipations de taux et les inquiétudes budgétaires.
Des rendements élevés augmentent progressivement le coût de financement de l’État.
Ils affectent également les ménages et les entreprises.
Les taux hypothécaires et les coûts des crédits professionnels sont influencés par l’évolution du marché obligataire.
Une hausse du Bank Rate peut donc renforcer des conditions financières déjà restrictives.
Les rendements britanniques reculent malgré les bonnes données
Les obligations britanniques ont toutefois trouvé un peu de soutien ce jeudi.
Les rendements à long terme ont nettement reculé.
Ce mouvement s’inscrit dans une détente plus générale des marchés obligataires mondiaux après les fortes tensions des dernières semaines.
La baisse montre qu’une donnée économique positive ne provoque pas automatiquement une hausse des rendements.
Les investisseurs doivent simultanément intégrer les perspectives de taux, les risques budgétaires, l’inflation et les mouvements internationaux.
La tendance de fond reste néanmoins celle de coûts de financement historiquement élevés.
Le budget du 28 octobre devient encore plus important
Le gouvernement britannique doit présenter son budget le 28 octobre.
Le ministre des Finances John Healey devra montrer qu’il peut soutenir l’économie sans aggraver les inquiétudes sur la dette.
Le défi est complexe.
Le gouvernement fait face à des demandes de dépenses supplémentaires dans plusieurs domaines.
Dans le même temps, les rendements élevés augmentent le coût du service de la dette.
Le respect des règles budgétaires laisse donc peu de marge.
Des recettes supplémentaires, des économies ou une combinaison des deux pourraient être nécessaires.
Le gouvernement promet de maintenir la discipline budgétaire
Healey a réaffirmé ce jeudi son engagement en faveur de la discipline budgétaire.
Cette déclaration a été bien accueillie par les marchés.
Le FTSE 100 a progressé de 0,54 % pour atteindre 10 782,98 points, son niveau le plus élevé depuis le 18 septembre.
Les valeurs financières ont particulièrement contribué au mouvement.
La combinaison d’une économie plus forte et d’un gouvernement affirmant vouloir contrôler ses finances publiques offre temporairement un environnement favorable aux grandes entreprises britanniques.
Le FTSE 250, davantage exposé à l’économie domestique, a toutefois légèrement reculé.
Le FTSE 100 approche un plus haut d’un mois
La progression du FTSE 100 montre que les investisseurs distinguent actuellement croissance et risque de taux.
Un PIB supérieur aux attentes soutient les perspectives de bénéfices de plusieurs entreprises.
Les banques peuvent également bénéficier d’un environnement de taux plus élevés si leurs marges d’intérêt s’améliorent.
Mais cet avantage possède des limites.
Si les taux augmentent trop rapidement, les défauts de paiement peuvent progresser et la demande de crédit ralentir.
Pour l’instant, le marché semble considérer que l’économie britannique peut absorber un certain resserrement supplémentaire.
Les banques britanniques pourraient aussi faire face à une nouvelle taxe
Le secteur bancaire reste néanmoins exposé à un autre risque.
Healey a été interrogé ce jeudi sur la possibilité d’augmenter les taxes imposées aux banques dans le prochain budget.
Le gouvernement pourrait notamment modifier le prélèvement bancaire afin de générer plusieurs milliards de livres de recettes supplémentaires.
Les banques affirment déjà supporter une charge fiscale élevée par rapport à leurs concurrentes internationales.
Elles préviennent qu’une nouvelle augmentation pourrait être répercutée sur certains clients.
Healey n’a pas confirmé de décision.
Il a toutefois reconnu le rôle central du secteur bancaire dans l’économie britannique.
Le gouvernement doit éviter de casser la dynamique
La croissance supérieure aux attentes constitue une bonne nouvelle budgétaire.
Une économie plus dynamique génère normalement davantage de recettes fiscales.
Elle réduit également certains besoins de dépenses publiques.
Mais une politique fiscale trop restrictive pourrait ralentir cette dynamique.
Le gouvernement doit donc trouver un équilibre entre consolidation budgétaire et soutien à l’activité.
Une hausse importante des impôts combinée à une augmentation des taux de la Banque d’Angleterre pourrait produire un double resserrement.
Les ménages et les entreprises subiraient simultanément une pression fiscale et monétaire plus importante.
Le FMI prévoit désormais 1,3 % de croissance en 2026
Les perspectives annuelles se sont également améliorées.
Le Fonds monétaire international prévoit désormais une croissance britannique de 1,3 % en 2026.
Sa précédente estimation était de 1 %.
En avril, le FMI ne prévoyait encore que 0,8 %.
Les révisions successives montrent que l’économie a régulièrement dépassé les anticipations.
Le FMI reste toutefois plus prudent pour l’année prochaine.
Il prévoit une croissance de 1,2 % en 2027.
Les prix élevés de l’énergie et les taux d’intérêt à long terme devraient progressivement peser sur la consommation et l’investissement.
La résistance actuelle ne garantit donc pas une accélération durable
Le chiffre de 2,1 % sur un an ne signifie pas que l’économie britannique est entrée dans une phase de croissance rapide et durable.
Plusieurs risques restent présents.
Les ménages doivent absorber une inflation supérieure à 3 %.
Les coûts énergétiques demeurent élevés.
Les taux hypothécaires restent importants.
Les entreprises doivent financer leurs investissements dans un environnement de crédit beaucoup plus coûteux.
Enfin, le budget du 28 octobre pourrait introduire de nouvelles mesures fiscales.
L’économie a jusqu’ici résisté à ces pressions.
La question est de savoir combien de temps cette résistance peut continuer.
Une hausse des taux pourrait tester le marché immobilier
Le logement sera l’un des premiers secteurs à surveiller si la BoE relève son taux à 4 %.
Les ménages dont le crédit immobilier arrive à renouvellement pourraient être confrontés à des mensualités plus importantes.
Les nouveaux acheteurs doivent déjà composer avec des conditions de financement beaucoup moins favorables qu’au cours des années de taux très bas.
Une nouvelle hausse du Bank Rate peut maintenir les taux hypothécaires élevés plus longtemps.
Cela peut réduire la demande de logements.
L’investissement immobilier et la construction pourraient également ralentir.
Le marché du logement constitue donc l’un des principaux canaux de transmission de la politique monétaire.
La livre pourrait bénéficier d’un différentiel de taux plus favorable
La perspective de taux britanniques plus élevés peut également soutenir la livre sterling.
Les investisseurs internationaux recherchent généralement les monnaies offrant des rendements attractifs, à condition que le risque économique reste maîtrisé.
Une économie plus résistante combinée à une Banque d’Angleterre plus restrictive peut donc renforcer l’attrait relatif de la livre.
Mais l’effet n’est pas automatique.
Si les taux augmentent principalement parce que l’inflation devient incontrôlable, la réaction peut être beaucoup moins positive.
Les marchés devront distinguer un resserrement préventif d’un resserrement imposé par une détérioration rapide des prix.
Le Royaume-Uni fait face à un paradoxe monétaire
Les données du 15 octobre résument finalement le problème auquel la Banque d’Angleterre est confrontée.
L’économie est plus forte que prévu.
Le PIB progresse de 0,1 % alors qu’une contraction était anticipée.
La croissance annuelle atteint 2,1 %.
La production manufacturière bondit de 1,2 %.
Les services évitent la baisse attendue.
Dans un environnement normal, ces chiffres seraient simplement considérés comme positifs.
Mais l’inflation reste à 3,1 % et devrait accélérer vers 4 %.
La solidité de l’activité devient donc aussi un argument en faveur de taux plus élevés.
Le PIB éloigne le risque de récession mais rapproche potentiellement une hausse de taux
Le prochain mois sera déterminant pour les marchés britanniques.
Une large majorité de 54 économistes sur 63 prévoit désormais que la Banque d’Angleterre relèvera son taux directeur de 3,75 % à 4 % en novembre.
Il y a seulement quelques semaines, près de 90 % anticipaient encore une stabilité jusqu’à la fin de l’année.
Le changement est considérable.
Les données publiées aujourd’hui renforcent cette nouvelle lecture.
Si la croissance du troisième trimestre dépasse les 0,4 % prévus par la BoE et que l’inflation continue de progresser, le Comité disposera d’arguments solides pour augmenter les taux.
Trois éléments deviennent donc essentiels : les prochaines statistiques d’inflation, le budget du 28 octobre et la décision de la Banque d’Angleterre en novembre.
Une inflation qui se stabilise rapidement permettrait à la banque centrale de limiter le resserrement.
Une nouvelle accélération des prix, combinée à une économie toujours robuste, pourrait ouvrir la voie à plusieurs hausses.
La surprise de croissance publiée ce 15 octobre éloigne ainsi une inquiétude immédiate : celle d’une économie britannique proche de la contraction.
Mais elle en rapproche une autre pour les emprunteurs et les marchés obligataires : le retour d’un Bank Rate à 4 %, voire davantage en 2027.



