Les cours du pétrole ont prolongé leur progression jeudi alors que la nouvelle escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran renforce les craintes autour de l’approvisionnement énergétique au Moyen-Orient. Le Brent pour livraison en novembre a gagné 0,62 % pour atteindre 101,84 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate américain pour octobre a progressé de 1,01 % à 96,06 dollars. Cette hausse intervient après la destruction par l’armée américaine de cinq pétroliers transportant du brut iranien, un épisode qui accentue les tensions dans un conflit désormais entré dans son septième mois.
Le détroit d’Ormuz reste au centre des préoccupations. De nombreux navires marchands iraniens et étrangers sont toujours à l’ancre alors que Téhéran affirme que le passage demeurera fermé dans le contexte de la confrontation avec Washington. L’incertitude entourant le trafic maritime dans cette zone s’ajoute désormais à des attaques directes contre des navires pétroliers, augmentant le risque d’une nouvelle réduction des volumes disponibles sur le marché physique.
Pour Goldman Sachs, le danger ne se limite plus à un maintien du pétrole autour de 100 dollars. Daan Struyven, co-responsable mondial de la recherche sur les matières premières de la banque, estime que l’intensification des attaques contre le transport maritime accroît le risque de voir le brut dépasser 120 dollars le baril. Cette projection reste un scénario de risque et non une prévision garantie, mais elle illustre le niveau de sensibilité du marché à une détérioration supplémentaire de la situation.
La destruction de cinq pétroliers iraniens relance la hausse du brut
La dernière accélération des prix fait suite à une opération militaire américaine menée mardi. Selon les informations fournies, les forces américaines ont détruit cinq pétroliers iraniens transportant du brut en représailles à des tentatives d’attaque contre un navire de guerre américain.
Le U.S. Central Command a déclaré que le bâtiment américain avait réussi à éviter les attaques iraniennes et qu’aucun membre du personnel américain n’avait été blessé. L’incident a néanmoins représenté une nouvelle étape dans l’escalade militaire, car il touche directement des navires liés au transport pétrolier.
Pour le marché de l’énergie, la destruction de pétroliers a une dimension différente de nombreux autres épisodes du conflit. Elle affecte directement des actifs utilisés pour déplacer du brut et intervient alors que les conditions de navigation autour d’Ormuz sont déjà perturbées.
L’effet immédiat s’est reflété dans les contrats à terme. Le Brent a franchi 101 dollars et le WTI s’est rapproché de 100 dollars, prolongeant une remontée qui avait déjà effacé une partie importante des précédentes baisses.
Le détroit d’Ormuz reste une source majeure d’incertitude
Les tensions autour du détroit ne montrent pas de signe clair d’apaisement. Téhéran a annoncé que le passage resterait fermé dans le contexte du conflit, tandis que de nombreux navires demeurent immobilisés dans la zone.
Cette situation maintient une pression constante sur les marchés, car le risque ne dépend pas uniquement des combats eux-mêmes. Il dépend également de la capacité des navires à circuler et de la possibilité que les volumes de transit continuent de diminuer.
Andrei Constantin, directeur commercial et conseiller en trading chez TFP Software FZCO, a expliqué que le marché physique pourrait se resserrer encore davantage si les volumes transitant dans la région baissent à nouveau. Il a également cité une escalade plus large ou des menaces contre les infrastructures énergétiques comme facteurs susceptibles de prolonger la hausse des prix.
Son analyse souligne que plusieurs canaux peuvent désormais affecter l’offre simultanément. Une réduction des passages maritimes, des attaques supplémentaires contre des navires ou des menaces contre des infrastructures pourraient tous contribuer à limiter davantage la disponibilité physique du pétrole.
Goldman Sachs voit un risque de dépassement de 120 dollars
La perspective d’un Brent nettement supérieur à 100 dollars est désormais ouvertement envisagée par certains analystes. Daan Struyven, de Goldman Sachs, a déclaré que l’intensification des attaques sur le transport maritime augmente le risque d’un pétrole au-dessus de 120 dollars le baril.
Cette estimation doit être comprise comme un scénario conditionnel. Le texte ne dit pas que Goldman Sachs prévoit avec certitude un passage à 120 dollars. Il indique que le risque d’un tel mouvement augmente si les attaques contre les navires continuent de s’intensifier.
Le point essentiel est que le marché ne réagit plus uniquement à l’existence du conflit, déjà vieux de plusieurs mois. Il commence à intégrer la possibilité que les perturbations deviennent plus profondes ou plus durables.
Le seuil de 100 dollars constitue déjà un niveau symboliquement important. Le franchissement durable de 120 dollars impliquerait une nouvelle phase de tension. Pour l’instant, le Brent se situe au-dessus de 101 dollars, laissant un écart significatif avec ce scénario extrême.
Le conflit entre dans son septième mois sans issue visible
La guerre entre les États-Unis et l’Iran est désormais entrée dans son septième mois. Cette durée modifie progressivement les attentes, car un conflit qui se prolonge peut maintenir les perturbations de transport et les risques géopolitiques beaucoup plus longtemps que prévu initialement.
Selon le Wall Street Journal, les principaux conseillers de Donald Trump à la Maison-Blanche ont évoqué en privé avec le président la possibilité que le conflit avec l’Iran se poursuive pendant le reste de son mandat.
Cette information est particulièrement importante pour le marché pétrolier parce qu’elle introduit un scénario de durée prolongée. Il ne s’agit pas d’une décision officielle ni d’une confirmation que la guerre durera effectivement aussi longtemps. Il s’agit d’une possibilité discutée par des conseillers selon le journal.
Pour les marchés, néanmoins, le simple fait que cette hypothèse soit envisagée montre que l’incertitude ne concerne plus uniquement les prochaines semaines.
Le marché physique pourrait se resserrer davantage
La hausse du Brent et du WTI reflète en partie les anticipations concernant ce qui pourrait arriver à l’offre réelle de pétrole.
Andrei Constantin estime qu’une nouvelle diminution du trafic pourrait resserrer davantage le marché physique. La situation pourrait également se détériorer en cas d’escalade plus large ou de menace directe visant des infrastructures énergétiques.
Ce dernier facteur est particulièrement important parce que les conséquences ne seraient pas limitées aux navires déjà engagés dans le transport. Une infrastructure compromise pourrait affecter la capacité de produire, stocker ou acheminer les volumes.
Le texte fourni ne signale pas une attaque confirmée contre une infrastructure énergétique spécifique dans cet épisode. Il présente cette possibilité comme un risque identifié par Constantin.
La distinction doit être conservée. Le marché réagit actuellement à des perturbations réelles ainsi qu’à la probabilité que de nouveaux problèmes apparaissent.
Le WTI a effacé sa baisse entre juin et juillet
David Morrison, analyste principal de marché chez Trade Nation, a souligné l’ampleur du rebond récent du pétrole américain.
Selon lui, le WTI a entièrement effacé sa baisse enregistrée entre le début juin et juillet. Cela signifie que la remontée liée aux nouvelles tensions a ramené le contrat américain à des niveaux comparables à ceux précédant cette correction.
Le Brent est allé encore plus loin. Morrison indique qu’il se négocie désormais bien au-dessus des niveaux observés au début juin.
Cette différence montre que la hausse actuelle ne correspond pas simplement à un petit rebond après une période de faiblesse. Les prix ont récupéré le terrain perdu et, dans le cas du Brent, dépassé les références observées avant la correction.
Le WTI à 96,06 dollars reste sous le Brent, mais la progression de 1,01 % sur la séance montre que le marché américain est également directement affecté par le risque géopolitique.
Brent et WTI réagissent à un même choc, mais à des niveaux différents
Le Brent pour novembre a atteint 101,84 dollars après une hausse de 0,62 %, tandis que le WTI pour octobre est monté à 96,06 dollars après une progression de 1,01 %.
Ces deux références évoluent dans la même direction face à l’escalade, mais le Brent se négocie actuellement à un niveau supérieur.
La source ne fournit pas d’explication détaillée de l’écart entre les deux contrats. Il serait donc incorrect d’attribuer précisément cette différence à un facteur non mentionné.
Ce qui est établi, en revanche, est que les deux benchmarks prolongent leurs gains alors que les craintes de perturbations supplémentaires augmentent.
La dynamique montre que le risque lié au Moyen-Orient ne se limite pas à une référence régionale ou internationale particulière. Il affecte également le marché américain.
Les attaques contre les navires deviennent un facteur de prix à part entière
Le conflit a désormais atteint une phase où les mouvements militaires touchent directement les voies et les actifs utilisés pour transporter l’énergie.
Les cinq pétroliers détruits par les États-Unis constituent l’exemple le plus récent.
Cette évolution ajoute un niveau de risque au-dessus des difficultés déjà liées au détroit d’Ormuz. Même si certains volumes peuvent théoriquement être disponibles, leur capacité à atteindre les marchés dépend de navires, de routes sécurisées et de conditions de passage suffisamment stables.
La hausse du brut montre que les participants au marché accordent de plus en plus d’importance à cette dimension maritime.
Goldman Sachs lie précisément son scénario de prix supérieur à 120 dollars à une intensification des attaques contre le shipping.
La durée potentielle du conflit complique les perspectives
L’une des principales difficultés pour le marché est l’absence d’un horizon clair.
Une tension de courte durée peut produire une prime de risque temporaire. Un conflit pouvant potentiellement se prolonger sur une grande partie du mandat présidentiel américain soulève une question totalement différente.
Les conseillers de Trump auraient discuté de ce scénario avec lui, selon le Wall Street Journal. Cela ne signifie pas que Washington considère une guerre longue comme inévitable, mais le simple fait qu’elle soit envisagée augmente l’incertitude.
Pour le pétrole, la durée compte autant que l’intensité. Des perturbations relativement limitées mais prolongées peuvent exercer une pression persistante, tandis qu’une escalade rapide peut produire des mouvements plus brusques.
La situation actuelle combine les deux risques : le conflit dure déjà depuis sept mois et les attaques contre le transport pétrolier se multiplient.
Le seuil de 100 dollars n’est plus seulement théorique
Le Brent se négocie désormais au-dessus de 101 dollars, ce qui montre que le scénario d’un pétrole à trois chiffres s’est déjà matérialisé pour la référence internationale.
Le débat se déplace donc vers la question de savoir jusqu’où les prix pourraient aller si les conditions se détériorent encore.
La barre des 120 dollars évoquée par Goldman Sachs représenterait une nouvelle étape, mais elle dépendrait d’une aggravation des perturbations.
Pour l’instant, le marché intègre déjà les conséquences d’un détroit perturbé, de navires immobilisés, de pétroliers détruits et d’un conflit qui pourrait durer.
Il n’est pas nécessaire d’ajouter de nouveaux événements hypothétiques pour expliquer la hausse actuelle : les facteurs déjà présents suffisent à maintenir une prime de risque importante.
Conclusion
Le pétrole a prolongé sa progression après la destruction par l’armée américaine de cinq pétroliers iraniens, faisant monter le Brent de novembre à 101,84 dollars le baril et le WTI d’octobre à 96,06 dollars. L’incident intervient alors que le détroit d’Ormuz reste perturbé et que de nombreux navires sont toujours immobilisés dans la région.
Goldman Sachs estime que l’intensification des attaques contre le transport maritime augmente le risque d’un pétrole supérieur à 120 dollars. D’autres analystes soulignent qu’une nouvelle baisse des volumes de transit, une escalade plus large ou des menaces contre les infrastructures énergétiques pourraient encore resserrer le marché physique.
Point clé final
Le principal changement n’est pas simplement que le Brent a franchi 100 dollars. Le conflit entre les États-Unis et l’Iran entre dans son septième mois alors que les attaques touchent de plus en plus directement le transport pétrolier. Le WTI a déjà effacé sa baisse du début de l’été et le Brent dépasse ses niveaux du début juin. Tant que le trafic à Ormuz reste perturbé et que le risque d’escalade persiste, le marché continuera d’intégrer la possibilité d’une offre plus contrainte, même si le scénario d’un pétrole au-dessus de 120 dollars reste pour l’instant un risque identifié plutôt qu’un résultat certain.


