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SpaceX : un analyste voit un risque de baisse de 45 % malgré une croissance de 92 %

SpaceX face à un risque de baisse de 45 % malgré une croissance spectaculaire

La forte croissance de SpaceX ne suffit pas à convaincre tous les analystes que sa valorisation actuelle est soutenable. Glenn Thum, analyste chez Phillip Securities, a fixé un objectif de cours de 75 dollars par action, ce qui représenterait une baisse d’environ 45 % par rapport au niveau indiqué dans le rapport.

Cette opinion reste largement minoritaire. Seulement deux analystes sur les 35 suivant l’entreprise recommandent de vendre le titre. Mais Thum met en avant plusieurs éléments susceptibles de peser sur l’action : dépenses d’investissement très élevées, dépendance à un important client lié à l’intelligence artificielle, pertes dans l’activité spatiale, contrats cloud relativement flexibles et valorisation particulièrement exigeante.

Le débat ne porte donc pas réellement sur la capacité de SpaceX à développer ses activités. Le groupe a enregistré une croissance de chiffre d’affaires de 92 % sur un an au deuxième trimestre 2026 et conserve des positions importantes dans les lancements spatiaux, l’internet par satellite et l’IA. La question est plutôt de savoir si cette croissance justifie déjà le prix payé par les investisseurs.

Un objectif de 75 dollars qui contraste avec le consensus

Glenn Thum estime que l’action pourrait revenir vers 75 dollars. Sur la base du cours mentionné dans le texte, cela correspondrait à un recul de l’ordre de 45 %.

Son avis se distingue nettement du consensus puisque seuls deux analystes sur 35 recommandent actuellement de vendre SpaceX. Le rapport souligne également que Thum dispose d’une note de cinq étoiles sur TipRanks et d’un taux de réussite de 87 %, éléments qui renforcent la visibilité accordée à son scénario baissier sans pour autant garantir qu’il se réalisera.

Un objectif de cours reste une estimation. Il dépend des hypothèses utilisées sur la croissance, les marges, les besoins de financement et la valorisation future de l’entreprise. Dans le cas de SpaceX, ces variables sont particulièrement importantes compte tenu de la vitesse d’expansion de ses activités.

Les dépenses d’investissement deviennent un point central

L’un des principaux arguments de Thum concerne les dépenses d’investissement. Au deuxième trimestre 2026, le capex représentait environ 2,4 fois le chiffre d’affaires de SpaceX.

Un tel niveau traduit l’intensité capitalistique de la stratégie du groupe. Développer des infrastructures spatiales, des réseaux satellitaires et des capacités technologiques exige d’importants investissements avant que ces actifs ne génèrent éventuellement des revenus à pleine échelle.

Cette situation n’est pas nécessairement négative pour une entreprise en forte croissance. Elle devient toutefois problématique si les dépenses progressent durablement plus vite que les revenus ou si les nouveaux investissements mettent trop longtemps à produire des rendements suffisants.

Pour les investisseurs, le niveau de capex implique donc de surveiller non seulement la croissance du chiffre d’affaires, mais aussi la capacité de SpaceX à transformer cette expansion en amélioration progressive de ses résultats opérationnels.

Une forte concentration sur un client lié à l’IA

L’analyste s’inquiète également de la concentration des revenus. Près de 19,5 % du chiffre d’affaires du groupe au deuxième trimestre provenait d’un seul client d’intelligence artificielle, largement considéré dans le rapport comme étant Anthropic.

Une telle concentration peut accélérer la croissance lorsque le client concerné augmente fortement ses dépenses. Elle crée cependant une dépendance significative.

Si ce client réduit ses commandes, renégocie ses conditions commerciales ou déplace une partie de ses besoins vers un concurrent, l’effet sur les revenus pourrait devenir matériel.

Cette dépendance est d’autant plus importante que les clients des services cloud peuvent quitter les plateformes avec un préavis de seulement 90 jours, selon le texte. L’entreprise dispose ainsi d’un moteur de croissance puissant, mais une partie de ses revenus manque de la visibilité que pourraient offrir des engagements contractuels beaucoup plus longs.

Les pertes du segment spatial contrastent avec la croissance du groupe

Le deuxième trimestre a également montré que la croissance rapide ne s’accompagne pas encore d’une rentabilité homogène.

Le segment spatial a enregistré une perte opérationnelle de 542 millions de dollars.

Ce chiffre est particulièrement surveillé parce que SpaceX reste fortement associée à ses activités historiques dans les lancements et les infrastructures spatiales. Une perte importante dans cette division montre que l’expansion nécessite encore des dépenses considérables.

Parallèlement, le chiffre d’affaires total a progressé de 92 % sur un an.

Cette combinaison illustre le principal dilemme pour les investisseurs : SpaceX grandit extrêmement rapidement, mais cette croissance reste coûteuse. Tant que les dépenses et les pertes demeurent élevées, la valeur de l’action dépend fortement de la capacité du groupe à produire plus tard des marges nettement supérieures.

Une valorisation de 86 fois le chiffre d’affaires

La valorisation constitue probablement l’argument le plus difficile à ignorer dans le scénario baissier.

SpaceX reste déficitaire et ne dispose donc pas d’un ratio cours/bénéfice classique permettant de comparer son prix à ses profits.

Son ratio cours/chiffre d’affaires se situait récemment autour de 86.

Cela signifie que le marché valorise l’entreprise à environ 86 fois son chiffre d’affaires annuel selon la mesure citée dans le texte.

Un tel multiple exige généralement une croissance très forte pendant une longue période ainsi qu’une amélioration importante de la rentabilité future. La moindre déception sur les revenus ou les marges peut alors provoquer une forte compression du multiple.

Le problème n’est donc pas que SpaceX manque de croissance. Le marché semble déjà intégrer une quantité considérable de succès futur dans le prix.

Les expirations de lock-up peuvent créer une pression supplémentaire

À cette valorisation élevée s’ajoute un facteur technique : les expirations progressives de périodes de lock-up.

Les premiers déblocages ont commencé en août et doivent continuer jusqu’en juin prochain.

Ces expirations ne correspondent pas à une émission de nouvelles actions. Elles n’entraînent donc pas de dilution automatique pour les actionnaires existants.

Elles permettent toutefois à certains initiés de vendre des titres auparavant bloqués.

Le rapport évoque des milliards d’actions susceptibles de devenir négociables au cours des dix prochains mois. Chaque nouvelle expiration pourrait donc augmenter temporairement l’offre disponible sur le marché et créer une pression vendeuse.

Ce risque est particulièrement pertinent lorsque le titre se négocie à une valorisation élevée, car certains détenteurs historiques peuvent être tentés de sécuriser une partie de leurs gains.

Les fondamentaux industriels restent solides

Le scénario baissier de Thum ne signifie pas nécessairement que SpaceX est considérée comme une entreprise faible.

Le texte souligne au contraire sa position dominante dans les lancements spatiaux ainsi que son leadership dans l’internet par satellite et l’intelligence artificielle.

Ces avantages pourraient soutenir la croissance de long terme.

L’entreprise dispose également d’une progression du chiffre d’affaires de 92 %, ce qui reste exceptionnel pour une société de cette taille.

Le problème concerne davantage la relation entre qualité de l’entreprise et prix de l’action.

Une société peut disposer d’excellentes perspectives opérationnelles tout en étant valorisée à un niveau qui laisse très peu de place aux erreurs.

Le véritable test sera la conversion de la croissance en rentabilité

Les prochains trimestres devront montrer si SpaceX peut réduire l’écart entre croissance des revenus et dépenses nécessaires à cette expansion.

Une baisse du poids du capex par rapport au chiffre d’affaires constituerait un premier signal.

Une réduction de la perte opérationnelle du segment spatial renforcerait également le dossier.

Le marché surveillera aussi la concentration des revenus auprès du principal client IA et la stabilité des contrats cloud.

Si ces indicateurs s’améliorent, une valorisation élevée deviendrait plus facile à défendre. Dans le cas contraire, le scénario d’une contraction du multiple gagnerait en crédibilité.

Conclusion

L’objectif de 75 dollars fixé par Glenn Thum place SpaceX face à un scénario de baisse d’environ 45 %, mais cette prévision reste minoritaire parmi les analystes suivant le titre.

Les inquiétudes sont néanmoins concrètes : capex équivalant à environ 2,4 fois le chiffre d’affaires trimestriel, 19,5 % des revenus provenant d’un seul client IA, perte opérationnelle de 542 millions de dollars dans le segment spatial et ratio cours/chiffre d’affaires proche de 86.

Ces facteurs sont désormais combinés aux expirations de lock-up susceptibles d’augmenter l’offre de titres au cours des prochains mois.

Point clé final

Le principal risque pour SpaceX n’est pas l’absence de croissance, mais le niveau d’attentes déjà intégré dans son cours. Avec une progression des revenus de 92 % sur un an, l’entreprise continue d’afficher une expansion exceptionnelle. Mais pour défendre durablement une valorisation aussi élevée, elle devra montrer que cette croissance peut progressivement réduire les pertes, améliorer les marges et limiter sa dépendance envers quelques grands clients.

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