Le prix de l’or s’est stabilisé mercredi après avoir subi sa plus forte baisse en près d’un mois, les investisseurs évaluant l’impact simultané de rendements obligataires élevés, d’un pétrole plus ferme et de l’incertitude persistante autour de la politique monétaire américaine.
À 01:24 GMT, le XAU/USD progressait légèrement de 0,1 % à 4 336,96 dollars l’once.
Les contrats à terme sur l’or reculaient en revanche de 0,7 % à 4 390,50 dollars.
L’argent perdait 0,9 % à 62,76 dollars l’once, tandis que le platine avançait de 0,1 % à 1 717,70 dollars.
L’indice du dollar américain restait pratiquement inchangé à 99,67.
Les rendements obligataires restent le principal frein
La hausse des rendements américains continue de peser sur le métal jaune.
Le rendement des bons du Trésor à 30 ans a atteint mardi son niveau le plus élevé depuis presque deux décennies.
Le rendement à 10 ans reste lui aussi proche de ses plus hauts niveaux depuis le début de 2025.
Pour l’or, cette configuration est défavorable.
Le métal ne verse aucun intérêt, alors que les obligations deviennent plus attractives lorsque leurs rendements progressent.
Le coût d’opportunité de l’or augmente
Lorsque les investisseurs peuvent obtenir davantage de rendement sur des actifs obligataires, conserver de l’or devient relativement moins intéressant.
Cette logique peut encourager certains capitaux à quitter les métaux précieux au profit du revenu fixe.
Le mouvement explique en partie pourquoi l’or peine à prolonger sa récente reprise malgré le retour de la demande des investisseurs.
La hausse des rendements agit donc comme une résistance macroéconomique directe.
Le pétrole ajoute une deuxième source de pression
Les prix du pétrole ont également progressé dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient.
Cette hausse a une importance particulière pour l’or.
Un pétrole plus cher peut alimenter les pressions inflationnistes.
Si l’inflation reste élevée, la Réserve fédérale peut devenir plus réticente à réduire ses taux.
Cela peut prolonger la période de coûts d’emprunt élevés.
Une inflation plus forte complique le scénario de baisse des taux
L’or bénéficie souvent d’un environnement où les taux d’intérêt diminuent.
Des coûts de financement plus faibles réduisent son désavantage face aux actifs portant intérêt.
Mais une nouvelle hausse des prix de l’énergie peut compliquer cette dynamique.
Si les responsables de la Fed considèrent que l’inflation reste trop élevée, ils pourraient maintenir une politique restrictive plus longtemps.
C’est précisément ce risque que le marché essaie d’évaluer.
L’or avait pourtant retrouvé un soutien au-dessus de 4 000 $
La récente faiblesse intervient après une phase de reprise.
Le métal avait repassé le seuil de 4 000 dollars l’once grâce à une demande renouvelée des investisseurs.
Les achats des banques centrales, notamment en Chine, avaient également soutenu le marché.
La baisse actuelle ne remet donc pas automatiquement en cause cette reprise plus large.
Elle montre surtout que les forces macroéconomiques restent contradictoires.
Le détroit d’Ormuz reste un élément central
La situation autour du détroit d’Ormuz reste particulièrement importante pour les marchés de l’énergie.
Avant la guerre, environ un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié passait par cette voie maritime.
Une perturbation prolongée pourrait donc avoir un effet significatif sur les prix énergétiques.
Pour l’or, cela crée une relation complexe.
La géopolitique peut soutenir l’or, mais aussi les rendements
Les tensions géopolitiques peuvent normalement favoriser les actifs refuges.
Mais dans le contexte actuel, la hausse du pétrole renforce aussi les risques inflationnistes.
Cela peut pousser les rendements obligataires vers le haut.
Le marché de l’or se retrouve ainsi pris entre deux forces opposées.
L’incertitude géopolitique soutient la demande de protection, mais l’inflation et les taux élevés réduisent l’attrait du métal.
Trump exclut actuellement des discussions avec l’Iran
Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune discussion n’était en cours avec l’Iran.
Cette déclaration maintient l’incertitude autour de la gestion future du détroit.
Le mémorandum signé entre Washington et Téhéran en juin est également arrivé à expiration.
Aucun plan de prolongation n’a été annoncé.
Cela maintient les marchés de l’énergie sous pression.
Des navires tentent toujours de quitter la zone
Malgré l’incertitude, certaines embarcations continuent d’essayer de sortir du détroit.
Certaines auraient désactivé leurs transpondeurs satellites pour réduire leur visibilité.
Cette situation montre que le trafic n’est pas totalement interrompu.
Mais elle souligne aussi le niveau de risque perçu par les opérateurs.
Pour les marchés, la normalisation reste donc loin d’être acquise.
Les minutes de la Fed deviennent le prochain catalyseur
Les investisseurs attendent désormais les minutes de la réunion de juillet de la Réserve fédérale.
Ces documents doivent fournir davantage d’informations sur la manière dont les responsables ont évalué l’inflation.
Le marché cherchera surtout des indications sur la trajectoire future des taux d’intérêt.
Toute lecture suggérant une Fed plus restrictive pourrait peser sur l’or.
Une Fed plus prudente pourrait au contraire soutenir le métal
Si les minutes montrent que les responsables sont plus préoccupés par le ralentissement économique ou moins enclins à maintenir des taux élevés, l’or pourrait bénéficier d’un certain soutien.
Le marché est donc particulièrement sensible au ton du document.
La prochaine étape sera ensuite le symposium de Jackson Hole.
Le président de la Fed, Kevin Warsh, doit y prendre la parole la semaine suivante.
La zone de 4 430 $ devient techniquement importante
Tony Sycamore, analyste senior chez IG, estime que l’or doit reconquérir une résistance baissière autour de 4 430 dollars.
Cette ligne descend depuis le sommet record de fin janvier proche de 5 602 dollars.
Elle représente donc un obstacle technique important.
Le marché doit également dépasser le sommet de la semaine précédente autour de 4 449 dollars.
4 449 $ doit également être dépassé
La zone comprise entre 4 430 et 4 449 dollars concentre plusieurs résistances.
Un passage durable au-dessus renforcerait la structure technique.
Cela montrerait que les acheteurs reprennent le contrôle après la récente correction.
Tant que cette zone tient, la reprise reste incomplète.
La moyenne mobile à 200 jours se trouve autour de 4 507 $
Si l’or parvient à franchir 4 430 puis 4 449 dollars, la prochaine référence majeure serait la moyenne mobile à 200 jours.
Elle se situe autour de 4 507 dollars.
Cette moyenne est souvent suivie par les investisseurs pour évaluer la tendance de fond.
Un retour au-dessus de ce niveau donnerait un signal plus constructif.
La chute récente a trouvé un appui autour de 4 334 $
Sycamore a également souligné que la baisse nocturne avait ramené l’or autour de 4 334 dollars.
Cette zone a été testée alors que le marché absorbait simultanément la hausse du pétrole et des rendements.
Le fait que les prix se soient ensuite stabilisés montre que les vendeurs n’ont pas immédiatement prolongé le mouvement.
Mais cela ne constitue pas encore une reprise confirmée.
L’argent reste plus faible que l’or
Alors que l’or se stabilisait, l’argent reculait de 0,9 % à 62,76 dollars.
Ce mouvement montre que tous les métaux précieux ne réagissent pas de la même manière.
L’argent peut être plus sensible aux facteurs de croissance et d’activité industrielle.
Le platine, de son côté, progressait légèrement à 1 717,70 dollars.
Le dollar reste neutre pour l’instant
L’indice du dollar américain évoluait autour de 99,67 sans changement notable.
Cela signifie que le dollar ne constitue pas actuellement la principale source de pression.
L’attention se concentre davantage sur les rendements, le pétrole et les attentes de politique monétaire.
Une variation importante du dollar pourrait cependant rapidement modifier l’équilibre.
Les prochains jours seront dominés par la macroéconomie
La direction de l’or dépendra probablement de plusieurs éléments.
Les minutes de la Fed en sont le premier.
Les rendements obligataires représentent le deuxième.
Le pétrole et la situation dans le détroit d’Ormuz constituent le troisième facteur.
Enfin, les commentaires de Kevin Warsh à Jackson Hole seront suivis de près.
Conclusion
L’or s’est stabilisé autour de 4 337 dollars après sa plus forte baisse en près d’un mois, mais reste sous pression en raison de rendements obligataires élevés et d’un pétrole plus cher.
Le marché attend désormais les minutes de la Fed pour mieux comprendre la trajectoire potentielle des taux américains.
Sur le plan technique, les niveaux de 4 430 et 4 449 dollars doivent être reconquis avant qu’une reprise plus solide puisse être envisagée.
Point clé final
Le marché de l’or se trouve actuellement entre deux forces contradictoires. Les tensions géopolitiques soutiennent traditionnellement la demande refuge, mais la hausse du pétrole renforce les risques inflationnistes et maintient les rendements américains à des niveaux élevés. Tant que cette combinaison persiste, l’or peut rester volatil, avec 4 430–4 449 dollars comme principale zone à reconquérir et les minutes de la Fed comme prochain catalyseur majeur.



