L’Organisation mondiale de la santé a officiellement déclaré terminée l’épidémie de hantavirus liée au navire de croisière MV Hondius. Cette décision intervient après que la dernière personne ayant été en contact avec un cas confirmé du variant Andes du hantavirus a terminé sa période de quarantaine de six semaines, obtenu un test négatif et pu rentrer chez elle.
Selon les informations rapportées, aucun nouveau cas lié au navire n’a été signalé depuis le 25 mai. Au total, l’épidémie a causé 13 infections confirmées et trois décès, déclenchant une vaste opération internationale de suivi sanitaire, de quarantaine, d’évacuation et de traçage des contacts.
L’épisode a attiré l’attention mondiale parce que le variant Andes est l’un des rares hantavirus capables de se transmettre de personne à personne, même si cette transmission reste associée à un contact proche et prolongé. Les autorités sanitaires ont néanmoins répété que le risque pour la population générale était faible.
Une épidémie rare sur un navire de croisière
Le MV Hondius avait quitté Ushuaia, en Argentine, le 1er avril 2026 pour rejoindre les îles Canaries, en passant par plusieurs destinations isolées, notamment l’Antarctique, la Géorgie du Sud, Nightingale Island, Tristan da Cunha, Sainte-Hélène et Ascension Island.
Le premier décès connu est celui d’un homme néerlandais de 70 ans, mort à bord le 11 avril. À ce moment-là, le hantavirus n’était pas encore suspecté, et aucun échantillon n’avait été prélevé. Il est désormais considéré comme le premier cas probable lié au navire.
Son épouse, âgée de 69 ans, est décédée peu après avoir quitté le navire avec son corps. Des analyses ultérieures ont confirmé qu’elle était infectée par le variant Andes du hantavirus. Une passagère allemande est également morte à bord le 2 mai, et les autorités soupçonnent que son décès était lié au même virus.
Ces décès ont déclenché une enquête sanitaire internationale, alors que les passagers et membres d’équipage du navire provenaient de nombreux pays.
Le variant Andes au centre de l’inquiétude
Le variant Andes du hantavirus est particulièrement surveillé parce qu’il est le seul hantavirus connu pour pouvoir se transmettre de personne à personne. Les autres hantavirus se transmettent généralement par contact avec des rongeurs infectés, notamment par exposition à leur urine, leurs excréments, leur salive ou parfois par morsure.
Dans le cas du MV Hondius, les autorités ont indiqué qu’aucun rongeur n’avait été trouvé à bord. Cela a renforcé l’hypothèse d’une transmission entre personnes, probablement après une première exposition avant l’embarquement.
Le variant Andes est présent en Amérique du Sud, notamment en Argentine et au Chili. Sa transmission de personne à personne a été associée à des contacts proches et prolongés, surtout au début de la maladie, lorsque le virus peut être plus transmissible.
Cette particularité explique pourquoi les autorités ont imposé un suivi strict de six semaines à certaines personnes exposées.
Treize infections et trois décès
L’épidémie a finalement été associée à 13 infections et trois décès. Parmi les cas confirmés figuraient des passagers européens, des personnes évacuées vers différents pays et des patients pris en charge dans des unités spécialisées.
Un guide d’expédition britannique a été évacué vers l’Afrique du Sud après avoir présenté des symptômes et a été traité en soins intensifs. Des passagers néerlandais, britanniques, français, espagnols et suisses ont également été liés à l’épisode, selon les informations rapportées au cours de la crise.
Une Française évacuée vers Paris a été testée positive après avoir présenté des symptômes. Deux ressortissants espagnols ont également été confirmés positifs, dont l’un plusieurs semaines après avoir quitté le navire.
Plusieurs cas suspects ont ensuite été écartés après des tests négatifs, notamment une femme en Espagne, une hôtesse de l’air de KLM et un passager américain initialement signalé comme faiblement positif.
Une opération internationale de quarantaine
La gestion de l’épidémie a nécessité une coordination entre plusieurs pays, l’OMS, les autorités sanitaires nationales, les centres de quarantaine, les hôpitaux et les services de transport.
Aux États-Unis, des passagers potentiellement exposés ont été pris en charge à la National Quarantine Unit dans le Nebraska, tandis que certains patients ont été évalués à l’Université Emory à Atlanta. Les autorités américaines ont mis en place un suivi quotidien, avec température, évaluation des symptômes et règles strictes d’isolement selon le niveau de risque.
Certains passagers ont ensuite pu terminer leur quarantaine à domicile, mais les conditions ont suscité des tensions entre autorités fédérales et autorités locales. Dans certains cas, les États devaient accepter de surveiller les personnes exposées 24 heures sur 24 pour permettre un retour à domicile.
Ces mesures montrent la difficulté de gérer une maladie rare, potentiellement grave, mais peu transmissible dans des conditions ordinaires.
La quarantaine de six semaines a été déterminante
Le délai de surveillance de six semaines était central dans la réponse sanitaire. Les symptômes du hantavirus peuvent apparaître généralement après une ou deux semaines, mais certains cas peuvent prendre plus longtemps. Pour le variant Andes, les autorités ont donc retenu une période prolongée afin de couvrir le risque d’incubation.
La fin de la quarantaine de la dernière personne exposée a permis à l’OMS de conclure que la chaîne de transmission était interrompue. L’absence de nouveaux cas depuis le 25 mai a renforcé cette conclusion.
Cette étape est importante parce qu’elle marque le passage d’une gestion d’urgence à une phase de clôture épidémiologique. Le virus n’a pas disparu du monde, mais l’épisode lié au MV Hondius est considéré comme terminé.
Un risque faible pour la population générale
Tout au long de la crise, l’OMS et plusieurs autorités sanitaires ont insisté sur le fait que le risque pour la population générale restait faible. Le variant Andes peut se transmettre entre personnes, mais cette transmission nécessite généralement un contact étroit et prolongé.
Cette distinction est essentielle. Le hantavirus Andes n’est pas comparable à des virus respiratoires très transmissibles. Les autorités ont répété qu’il ne s’agissait pas d’un nouveau COVID et qu’il n’y avait pas de signe d’une propagation large.
Les tests négatifs de certaines personnes brièvement exposées, comme une hôtesse de l’air de KLM ayant eu un contact limité avec une patiente, ont renforcé cette lecture.
Le risque existe principalement pour les personnes ayant été proches d’un patient infecté pendant la phase précoce de la maladie.
Le hantavirus peut provoquer deux grands syndromes : le syndrome pulmonaire à hantavirus, plus fréquent dans les Amériques, et la fièvre hémorragique avec syndrome rénal, plus fréquente en Europe et en Asie.
Le syndrome pulmonaire à hantavirus commence souvent par de la fatigue, de la fièvre, des douleurs musculaires, des troubles digestifs, des maux de tête, des frissons et des vertiges. Les symptômes avancés peuvent inclure une oppression thoracique, une toux, un essoufflement et une accumulation de liquide dans les poumons.
Lorsque des symptômes respiratoires graves apparaissent, la maladie peut devenir très dangereuse. Les autorités sanitaires rappellent que la prise en charge rapide est essentielle, surtout pour les personnes exposées à un cas confirmé.
La fièvre hémorragique avec syndrome rénal affecte davantage les reins et peut provoquer une baisse de la tension, un choc, des saignements internes et une insuffisance rénale.
Il n’existe pas de traitement spécifique
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique approuvé contre les infections à hantavirus. Les patients reçoivent généralement des soins de soutien adaptés à leurs symptômes.
En cas de difficultés respiratoires, cela peut inclure de l’oxygène, une ventilation ou une prise en charge en soins intensifs. En cas d’atteinte rénale, une dialyse peut être nécessaire. Plus la prise en charge est précoce, meilleures sont les chances de stabilisation.
Pendant l’épidémie, un traitement expérimental, le favipiravir, a été mis à disposition de certains États membres de l’Union européenne par Fujifilm Pharmaceuticals au Japon. Chaque pays devait ensuite décider au cas par cas de son utilisation, le médicament n’étant pas approuvé par l’Agence européenne des médicaments pour cette indication.
Les autorités et médecins ont également rejeté les affirmations virales selon lesquelles l’ivermectine serait un traitement prouvé contre le hantavirus.
La gestion du navire a suscité des critiques
La gestion initiale de l’épisode a suscité des questions. Un passager qui avait quitté le MV Hondius avant l’identification complète de l’épidémie a déclaré que les passagers n’avaient pas été informés d’un risque viral après le premier décès à bord.
Selon son témoignage, la vie à bord s’est poursuivie normalement pendant plusieurs jours, avec des repas, conférences et interactions sociales entre passagers. L’opérateur du navire a répondu qu’il ne pouvait pas informer les passagers plus tôt, car la cause du premier décès n’était pas connue et semblait alors isolée.
Cette controverse illustre un défi classique dans les épidémies émergentes : les premières informations sont souvent incomplètes, mais les décisions prises pendant cette période peuvent avoir des conséquences majeures.
Le MV Hondius a été désinfecté
Après l’évacuation et le suivi des passagers, le MV Hondius a été ramené aux Pays-Bas avec un équipage réduit et du personnel médical. Le navire devait être désinfecté avec du chlore et du peroxyde, tandis que les membres d’équipage entraient en quarantaine.
L’opérateur Oceanwide Expeditions a annulé certains voyages, mais a ensuite indiqué que le navire pourrait reprendre ses opérations après nettoyage réussi.
Cette reprise prévue a également soulevé des questions sur la confiance des passagers, les protocoles sanitaires à bord et la manière dont les compagnies de croisière doivent répondre à des risques infectieux rares mais graves.
Même si l’épidémie est maintenant terminée, l’incident pourrait influencer les procédures sanitaires futures pour les voyages d’expédition dans des zones isolées.
Une enquête sur l’origine probable
Les autorités sanitaires d’Argentine, du Chili et d’Uruguay ont cherché à déterminer l’origine exacte de l’infection. Une hypothèse initiale non prouvée évoquait une possible exposition d’un couple néerlandais à des rongeurs lors d’une sortie d’observation d’oiseaux près d’une décharge à Ushuaia.
Les responsables argentins ont toutefois contesté cette théorie, indiquant que les dates et lieux visités ne correspondaient pas clairement aux zones connues de circulation du variant Andes ou aux délais d’infection probables.
L’enquête sur l’origine reste importante pour comprendre comment le virus est entré dans la chaîne de transmission. Mais la priorité sanitaire immédiate était de prévenir toute propagation supplémentaire, ce qui a été accompli selon l’OMS.
Les leçons pour la santé publique
Cette épidémie montre qu’un événement sanitaire limité peut rapidement devenir international lorsqu’il survient dans un contexte de voyage. Le MV Hondius transportait des passagers et membres d’équipage de nombreux pays, avec des escales dans des lieux isolés et des évacuations vers plusieurs continents.
Le traçage des contacts a donc nécessité une coopération internationale étendue. Les autorités ont dû identifier les personnes exposées, évaluer les risques, organiser des quarantaines, coordonner des tests et communiquer avec des gouvernements différents.
Le cas montre aussi l’importance de la transparence, de la rapidité de diagnostic et de la préparation aux maladies rares. Même lorsque le risque global reste faible, la complexité logistique peut être très élevée.
La préparation mondiale reste une question ouverte
Pendant la crise, des chercheurs liés à l’OMS et à la Banque mondiale ont averti que le monde n’était pas suffisamment préparé à la prochaine pandémie. Leur message dépasse le cas du MV Hondius.
Les épidémies d’origine animale, les voyages internationaux, les zones reculées et les changements environnementaux peuvent créer des situations sanitaires imprévisibles. Même une maladie peu transmissible peut générer une réponse complexe si elle touche plusieurs pays.
Le cas du hantavirus Andes rappelle que la préparation ne consiste pas seulement à gérer les virus les plus connus. Elle exige aussi des capacités de diagnostic, de quarantaine, de communication et de coordination pour des menaces plus rares.
L’épidémie de hantavirus liée au MV Hondius est officiellement terminée après 13 infections et trois décès. La dernière personne exposée a terminé sa quarantaine de six semaines, testé négatif et quitté l’isolement, permettant à l’OMS de déclarer la fin de l’épisode.
La crise a montré la gravité potentielle du variant Andes, mais aussi la faible probabilité d’une propagation large lorsque des mesures de prévention, de suivi et de quarantaine sont appliquées. Aucun nouveau cas n’a été signalé depuis le 25 mai, ce qui indique que la chaîne de transmission a été interrompue.
Le cas du MV Hondius ne représente pas une pandémie, mais il constitue un avertissement sérieux. Les voyages internationaux, les maladies zoonotiques et les environnements isolés peuvent créer des crises sanitaires complexes. La fin de l’épidémie montre que le traçage, la quarantaine et la coopération internationale peuvent fonctionner, mais elle rappelle aussi que la préparation sanitaire doit rester une priorité mondiale.



