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Les actions chutent et le pétrole dépasse 100 dollars après les nouvelles menaces de Trump contre l’Iran

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Les marchés mondiaux ont brutalement changé de direction jeudi après le discours de Donald Trump sur l’Iran. Alors que certains investisseurs espéraient encore obtenir des précisions sur la durée du conflit et sur un éventuel chemin de désescalade, le président américain a au contraire ravivé les tensions en promettant que les États-Unis frapperaient l’Iran « extrêmement durement » dans les prochaines semaines. Résultat immédiat : les actions ont fortement reculé, le pétrole a bondi bien au-dessus de 100 dollars le baril, le dollar s’est raffermi et l’ensemble du marché s’est replié vers une posture plus défensive.

Ce retournement est d’autant plus important qu’il intervient après plusieurs séances durant lesquelles les investisseurs avaient commencé à miser sur une possible fin prochaine de la guerre. Cette hypothèse avait permis un rebond des actifs risqués et un léger reflux du dollar. Mais le discours de Trump a détruit une grande partie de cet espoir. Il a laissé entendre que des objectifs militaires clés étaient proches d’être atteints et que la guerre pourrait approcher de sa fin, sans toutefois fournir la moindre feuille de route concrète, ni le moindre calendrier clair de sortie. Pour les marchés, cette ambiguïté a été l’élément central.

Ce que les investisseurs voulaient entendre n’était pas un simple signal de fermeté. Ils voulaient savoir si la guerre allait réellement se terminer bientôt, si les routes énergétiques allaient être sécurisées, et surtout si le détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce pétrolier mondial, allait rouvrir rapidement. Or, le discours de Trump n’a apporté aucune certitude sur ce point. Et dans le climat actuel, l’absence de clarté vaut presque autant qu’une mauvaise nouvelle.

Le pétrole repasse violemment au-dessus de 100 dollars

La réaction la plus spectaculaire a concerné le pétrole. Le contrat Brent échéance proche a bondi de plus de 6 % pour atteindre 107,69 dollars le baril. Cette envolée montre clairement que le marché énergétique n’a trouvé aucun réconfort dans les propos de Trump. Au contraire, les investisseurs ont conclu que le risque sur l’offre restait élevé, voire qu’il venait d’augmenter.

Le problème central reste le détroit d’Ormuz. Cette voie maritime est cruciale pour l’acheminement du pétrole et du gaz, en particulier vers l’Asie, mais ses perturbations affectent l’ensemble de l’économie mondiale. Tant que cette route reste sous tension, les marchés ne peuvent pas considérer le choc énergétique comme temporaire ou maîtrisé. Les investisseurs attendaient donc du discours de Trump un signal clair sur la manière et le moment où cette situation pourrait être résolue. Ils n’ont rien obtenu de tel.

Jon Withaar, gérant senior chez Pictet Asset Management à Singapour, a résumé ce problème de manière très directe : le marché cherchait davantage de certitude et davantage de clarté sur le calendrier. Le fait d’entendre qu’il faut s’attendre à encore deux ou trois semaines d’opérations, que le déploiement de troupes au sol n’est pas exclu et que les menaces contre les infrastructures sont maintenues, suffit à remettre tout le marché en mode défensif, surtout à l’approche d’un week-end prolongé.

Ce point est essentiel. Le pétrole ne monte pas seulement parce qu’une guerre est en cours. Il monte parce que le marché estime que les perturbations pourraient durer plus longtemps, être plus profondes et continuer à empêcher un retour rapide à la normale dans les flux énergétiques. Tant que cette perception domine, les prix du brut restent exposés à de nouveaux pics.

Les marchés actions repartent fortement à la baisse

L’autre conséquence immédiate du discours a été une nouvelle vague de ventes sur les actions. Les contrats à terme sur les indices américains ont chuté de 1,3 %, tandis que les futures européens perdaient plus de 2 %. En Asie, la séance a été encore plus brutale : le Nikkei japonais a cédé 2,4 %, et le Kospi sud-coréen a plongé de 4,7 %.

L’indice MSCI des actions d’Asie-Pacifique hors Japon reculait lui aussi de plus de 2 %, avec presque toutes les places de la région dans le rouge. Ce mouvement montre bien que le choc n’a rien de local. Il ne s’agit pas d’un problème limité au Moyen-Orient ou au pétrole. Il s’agit d’une réévaluation globale du risque, qui touche les actions dans toutes les grandes régions.

Ce retour de la vente sur les marchés actions est révélateur d’un climat très fragile. Les investisseurs avaient déjà traversé un mois de mars difficile, marqué par l’envolée des prix du pétrole et par une forte pression sur les actifs risqués. Les deux dernières séances avaient permis un léger soulagement grâce à l’idée que la guerre pourrait approcher de sa fin. Mais ce soulagement reposait davantage sur un changement de ton que sur des faits concrets. Quand ce ton a basculé, les ventes ont repris presque immédiatement.

Le marché envoie donc un message clair : tant que la guerre reste ouverte et que les grandes questions logistiques et énergétiques demeurent sans réponse, les rebonds sur les actions seront fragiles et susceptibles d’être rapidement effacés.

Les espoirs de cessez-le-feu s’effacent, le risque de stagflation remonte

L’une des notions les plus importantes qui réapparaissent dans l’analyse de marché est celle de stagflation. La stagflation désigne la combinaison toxique entre une inflation élevée et une croissance faible. C’est exactement le type de scénario qui avait commencé à peser sur les marchés en mars, lorsque l’envolée du pétrole avait mis les actifs risqués sous forte pression.

Le discours de Trump a ravivé ce spectre. Si le pétrole reste durablement au-dessus de 100 dollars, les coûts de transport, d’énergie et de production vont continuer de grimper. Cela nourrit l’inflation. En même temps, cette hausse des coûts affaiblit la demande, pèse sur les marges des entreprises et ralentit l’économie. C’est ce double effet qui inquiète tant les investisseurs.

Prashant Newnaha, stratégiste taux chez TD Securities, a souligné que la seule chose qui compte vraiment à ce stade est de savoir si le détroit d’Ormuz va rouvrir rapidement. Selon lui, le discours de Trump ne laisse pas penser que cela se produira aussi vite que le marché l’espérait. Cette remarque résume bien le problème. Le marché ne manque pas seulement d’optimisme. Il manque surtout d’un point d’ancrage positif crédible.

Trump a bien déclaré que les États-Unis n’avaient pas besoin de ce passage pétrolier clé et qu’il rouvrirait naturellement une fois la guerre terminée. Mais pour les investisseurs, cette formule n’apporte aucune garantie exploitable. Elle reporte la solution à plus tard, sans dire quand ni comment ce plus tard arrivera.

Les investisseurs reviennent au dollar et abandonnent le risque

Dans l’immédiat, le marché a réagi comme il le fait souvent en période de stress géopolitique : il a vendu presque tout, sauf le dollar. Après deux séances de recul liées à l’espoir d’une fin rapide de la guerre, la devise américaine a repris de la force face à la plupart des autres monnaies.

L’euro a perdu 0,5 % pour revenir à 1,1533 dollar. L’indice du dollar, le DXY, a progressé de 0,5 % à 100,05 après avoir cédé près de 1 % sur les deux séances précédentes. Ce rebond montre que, malgré les critiques récurrentes adressées au billet vert, celui-ci reste l’actif refuge privilégié dans les phases de tension globale.

Cela s’explique par plusieurs facteurs. Le dollar bénéficie toujours d’une profondeur de marché exceptionnelle, d’un rôle central dans les échanges mondiaux et d’une capacité à absorber les flux en période de stress. Il profite aussi du fait que les États-Unis apparaissent relativement mieux positionnés que d’autres grandes zones économiques pour résister à un choc pétrolier prolongé, puisqu’ils sont exportateurs nets d’énergie.

En d’autres termes, lorsque la guerre s’intensifie et que le pétrole grimpe, le dollar retrouve rapidement son avantage défensif.

Les taux obligataires remontent aussi

La montée du risque de stagflation n’a pas seulement frappé les actions. Elle a également touché les marchés obligataires. En Asie, les rendements des Treasuries américains ont progressé, les investisseurs craignant qu’un retour de l’inflation ferme encore davantage la porte à toute perspective d’assouplissement monétaire.

Le rendement du Treasury à dix ans a ainsi grimpé de 5 points de base à 4,376 %. Le mouvement pourrait se prolonger en Europe, où les contrats à terme sur les Bunds allemands et les OAT françaises indiquaient aussi une orientation plus faible.

Ce mouvement sur les taux est important, car il montre que le marché ne se contente pas de craindre une baisse de la croissance. Il redoute aussi que la hausse des prix de l’énergie empêche les banques centrales de réagir de manière accommodante. Si l’inflation reste élevée, les autorités monétaires auront beaucoup moins de marge pour soutenir l’activité.

Et c’est là que le scénario devient particulièrement difficile pour les marchés. Une économie ralentie avec des banques centrales qui ne peuvent pas vraiment baisser les taux, voilà une configuration très inconfortable pour les actifs risqués.

Le week-end prolongé renforce la prudence

Le calendrier ajoute encore une couche de nervosité. De nombreux marchés mondiaux seront fermés vendredi, ce qui signifie que les investisseurs vont entrer dans un week-end prolongé sans possibilité de réagir immédiatement à d’éventuels développements majeurs sur le front iranien.

Dans un tel contexte, la réduction rapide de l’exposition paraît presque logique. Les opérateurs savent que toute escalade supplémentaire, toute attaque sur des infrastructures, toute déclaration inattendue ou toute évolution du détroit d’Ormuz pourrait produire un choc à la réouverture. Quand les marchés sont fermés, il est impossible d’ajuster les positions en temps réel.

Cette contrainte technique devient donc un facteur de marché à part entière. Elle pousse les investisseurs à vendre plus vite, à réduire le risque plus brutalement et à privilégier des positions plus prudentes jusqu’à ce qu’un peu plus de visibilité revienne.

Un marché suspendu à une seule question

Au fond, malgré tous les commentaires sur les actions, le dollar, les taux ou le pétrole, le marché reste suspendu à une seule question : quand et comment le détroit d’Ormuz rouvrira-t-il réellement ?

Tant qu’il n’y aura pas de réponse claire, les investisseurs continueront d’agir avec une extrême prudence. Car la réponse à cette question détermine presque tout le reste. Elle détermine l’évolution du pétrole, donc celle de l’inflation. Elle influence les marges des entreprises, la confiance des consommateurs, les perspectives de croissance et les choix des banques centrales.

C’est pourquoi les marchés ont si mal réagi au discours de Trump. Ils n’ont pas simplement entendu un président promettre encore des frappes. Ils ont entendu qu’ils allaient devoir continuer à vivre avec l’incertitude.

Conclusion

Les marchés mondiaux ont violemment rechuté après le discours de Donald Trump sur l’Iran, qui n’a apporté aucune clarté sur la durée réelle du conflit ni sur la réouverture du détroit d’Ormuz. Le pétrole Brent a bondi à 107,69 dollars, les actions ont fortement reculé en Asie, en Europe et sur les futures américains, tandis que le dollar et les rendements obligataires sont repartis à la hausse.

Les espoirs d’une fin rapide de la guerre se sont largement évaporés, remplacés par une nouvelle vague d’aversion au risque. Dans ce contexte, les craintes de stagflation remontent, avec un cocktail toujours plus difficile pour les marchés : pétrole cher, croissance menacée, inflation persistante et banques centrales potentiellement contraintes de rester fermes.

À court terme, le message est simple : tant que les investisseurs n’auront pas de visibilité sur la réouverture d’Ormuz et sur le calendrier réel de sortie du conflit, ils resteront sur la défensive. Et dans cet environnement, chaque nouvelle prise de parole politique a le pouvoir de faire vaciller à nouveau l’ensemble des marchés.

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