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Or numérique : le marché pourrait atteindre 170 milliards de dollars en 2031

Or numérique _ un marché de 170 milliards $ en 2031

Le marché de l’or numérique pourrait atteindre entre 160 et 170 milliards de dollars d’ici 2031, selon une étude publiée le 19 octobre 2026 par le World Gold Council (WGC) et Boston Consulting Group (BCG). Les deux organisations évaluent actuellement ce secteur entre 45 et 55 milliards de dollars. Leur scénario central repose sur une croissance annuelle d’environ 27 % pendant les cinq prochaines années, mais plusieurs obstacles limitent encore l’adoption de ces produits.

Les chercheurs évoquent également une demande potentielle pouvant atteindre 700 milliards de dollars si les freins existants disparaissaient. Ce chiffre ne représente toutefois ni une prévision de marché pour 2031 ni des achats attendus au cours des cinq prochaines années. Il correspond à une estimation distincte de la demande latente, sous des conditions d’adoption plus favorables.

Un scénario central à 160–170 milliards de dollars

L’étude définit l’or numérique comme un ensemble de produits comprenant l’or tokenisé et d’autres instruments numériques adossés à des lingots conservés dans des coffres. Tous ces produits ne reposent donc pas nécessairement sur une blockchain. Cette distinction compte pour interpréter les chiffres : la valeur du marché étudié dépasse celle des seuls jetons représentant de l’or.

Dans le scénario de référence, les chercheurs projettent une progression du secteur jusqu’à 160–170 milliards de dollars en 2031. Un scénario de croissance accélérée porterait cette estimation entre 270 et 280 milliards de dollars à la même échéance. Cette seconde trajectoire suppose une réduction plus rapide des obstacles liés à la confiance des investisseurs, à la distribution, à l’utilité des produits et à leur coût.

Ces montants sont des projections conditionnelles, non des résultats garantis. Leur réalisation dépend des hypothèses retenues dans le modèle et de l’évolution des conditions d’accès aux produits numériques adossés à l’or.

Une étude couvrant 96 pays et 12 000 investisseurs

Pour construire leurs estimations, le WGC et BCG ont examiné plus de 70 produits d’or numérique. Ils ont également interrogé plus de 12 000 investisseurs particuliers répartis dans 12 marchés, puis réalisé des entretiens avec 20 spécialistes du secteur. Ces experts représentaient notamment des banques, des plateformes d’échange, des gestionnaires d’actifs et des fournisseurs d’infrastructures liées à l’or.

Les projections couvrent 96 pays, représentant 98 % du patrimoine mondial susceptible d’être investi. Le modèle combine plusieurs paramètres : nombre d’investisseurs potentiels, patrimoine moyen investissable, participation attendue et part des portefeuilles susceptible d’être consacrée à ces produits.

Les chercheurs maintiennent le prix de l’or constant dans leurs calculs. Ils excluent également les incidents de sécurité majeurs et les défaillances importantes de conservation des actifs. De tels événements pourraient décourager les investisseurs, même si les solutions numériques devenaient plus accessibles.

La méthode sépare donc les estimations de marché des intentions déclarées lors des enquêtes. Elle tient compte des montants que les investisseurs pourraient consacrer aux produits concernés, plutôt que de supposer que chaque personne intéressée deviendra automatiquement cliente. Cette distinction aide à comprendre pourquoi une forte curiosité pour l’or numérique peut coexister avec un marché encore relativement limité aujourd’hui.

Les 700 milliards correspondent à une demande latente

La projection de 700 milliards de dollars doit être distinguée des deux scénarios de croissance à l’horizon 2031. Elle mesure la demande qui pourrait se manifester si les obstacles actuels à l’adoption étaient levés, sans fixer un calendrier de réalisation. L’étude ne présente donc pas ce montant comme un flux d’investissements certain ni comme la taille future du marché à cinq ans.

Pour situer les ordres de grandeur, le World Gold Council évalue le marché de l’or physique destiné à l’investissement à environ 13 000 milliards de dollars. Selon ses travaux, l’or numérique représente aujourd’hui moins de 1 % de cet ensemble. La comparaison illustre la différence entre la taille du marché traditionnel et celle des solutions numériques actuellement disponibles.

Elle ne signifie pas pour autant que les produits numériques capteront automatiquement une part déterminée des placements en or physique. Les préférences des investisseurs et les conditions de distribution restent déterminantes.

Plus de 90 milliards de dollars échangés en trois mois

L’or tokenisé connaît déjà une activité de négociation importante. L’étude évalue sa valeur à environ 6 milliards de dollars, soit près de cinq fois son niveau de fin 2024. Cette catégorie ne constitue cependant qu’une partie de l’or numérique, puisque d’autres produits numériques représentent des lingots conservés sans recourir à des jetons blockchain.

Au premier trimestre 2026, les volumes de transactions au comptant sur l’or tokenisé ont dépassé 90 milliards de dollars. Une étude antérieure de CoinGecko chiffrait précisément ce volume à 90,7 milliards, contre 84,6 milliards sur l’ensemble de l’année 2025. Trois mois de négociation ont ainsi généré un volume supérieur à celui enregistré pendant les douze mois précédents.

Il faut distinguer ce volume cumulé de la valeur des jetons en circulation. Un même jeton peut être acheté et revendu plusieurs fois. Additionner ces transactions ne revient donc pas à mesurer de nouveaux capitaux investis dans l’or.

Les jetons adossés à l’or servent aussi de garantie

Les usages de l’or tokenisé ne se limitent plus aux échanges au comptant. En août, crypto.news avait documenté le développement des prêts garantis par des jetons adossés à l’or. Sur Aave, les emprunts reposant sur Tether Gold avaient atteint plus tôt dans l’année un plafond d’endettement de 25 millions de dollars.

Le protocole a ensuite augmenté sa capacité d’emprunt alors que la demande se poursuivait, selon son gestionnaire des risques, Chaos Labs. De son côté, le prêteur Arch a introduit des prêts garantis par PAX Gold et Tether Gold. Ces offres permettent à des clients éligibles d’emprunter en utilisant des actifs numériques représentant de l’or comme garantie.

Ces exemples montrent des utilisations financières distinctes de l’achat et de la revente de jetons. Ils ne permettent toutefois pas de conclure que tous les produits d’or numérique offrent des services de crédit ou des rendements.

La confiance constitue le premier obstacle

Près de neuf investisseurs interrogés sur dix ont indiqué qu’ils envisageraient d’investir dans l’or numérique si les conditions étaient adaptées. L’intérêt exprimé ne se traduit cependant pas nécessairement par un investissement effectif. Les réponses mettent d’abord en avant la confiance comme condition préalable à une adoption plus large.

Les participants souhaitent notamment des preuves transparentes de l’adossement à l’or physique, des protections pour les consommateurs, un cadre réglementaire plus clair et la possibilité de convertir leurs avoirs numériques en or. La question du rachat ou de la livraison du métal occupe ainsi une place importante dans l’évaluation de ces produits.

David Tait, directeur général du World Gold Council, estime que l’intérêt des investisseurs est manifeste, mais qu’une augmentation de la demande nécessite des infrastructures appropriées. L’organisation développe à cette fin Gold as a Service, une initiative d’infrastructure partagée destinée à soutenir l’émission, la conservation, l’approvisionnement et la conformité des produits d’or numérique.

Les applications familières facilitent l’accès

La distribution constitue un autre facteur important identifié par les chercheurs. L’étude relève que la détention d’or numérique était jusqu’à sept fois plus élevée sur les marchés où ces produits étaient accessibles depuis des applications de paiement, des services bancaires ou d’autres plateformes déjà familières aux utilisateurs.

La Chine, l’Inde et l’Indonésie figurent parmi les exemples cités pour leurs canaux de distribution établis. Cette observation suggère que l’accès à travers des services financiers connus peut accompagner une adoption plus importante, sans démontrer à lui seul que la distribution explique intégralement les différences entre marchés.

Les résultats montrent également que 65 % de la demande potentielle proviendrait de personnes ne possédant pas déjà d’or. Parmi les investisseurs actuels en or numérique, 52 % n’en détenaient aucune forme avant leur premier achat numérique. Le marché pourrait ainsi attirer des profils nouveaux plutôt que se limiter au transfert d’avoirs existants.

PAXGy explore des revenus liés à la location d’or

En septembre, Paxos Labs a présenté PAXGy, un jeton adossé à l’or qui accepte des dépôts de PAX Gold. Le projet cherche à produire des rendements grâce à la location d’or auprès d’institutions. Selon Paxos Labs, la valeur de rachat du jeton pourrait augmenter lorsqu’elle est exprimée en quantité d’or, à mesure que les revenus de location s’accumulent.

Cette perspective comporte néanmoins des risques. Les informations publiées par le projet précisent que les défauts des emprunteurs et les pertes éventuelles peuvent affecter les rendements. Il ne s’agit donc pas d’une rémunération garantie.

En octobre, une évaluation des risques menée pour Aave a examiné l’utilisation envisagée de ce jeton dans les prêts décentralisés. L’analyse portait notamment sur les limites applicables aux garanties, la liquidité et les modalités de retrait. Elle concernait une utilisation proposée, et non la confirmation d’un déploiement généralisé.

Une adoption portée aussi par de nouveaux investisseurs

Le World Gold Council estime qu’environ 95 milliards de dollars de l’expansion prévue dans son scénario central pourraient correspondre à une demande réellement nouvelle pour l’or. Cette composante est distincte de la simple transformation de placements existants en produits numériques.

L’étude souligne enfin un écart de connaissance entre générations. Parmi les investisseurs âgés de 25 à 34 ans, 50 % connaissent l’existence de l’or numérique, contre 23 % chez les personnes de 55 ans et plus. Ces taux mesurent la connaissance des produits, pas leur détention effective.

Les perspectives présentées par le WGC et BCG reposent ainsi sur plusieurs évolutions possibles : renforcer la confiance, faciliter l’accès, rendre les produits utiles et maîtriser leurs coûts. Le scénario de 160–170 milliards de dollars en 2031 reste une projection centrale. Le potentiel de 700 milliards représente, lui, une demande théorique conditionnée à la disparition des obstacles recensés.

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