Nike a publié jeudi des résultats mitigés pour son premier trimestre fiscal et annoncé une restructuration destinée à positionner le groupe pour une croissance à long terme sous la direction du PDG Elliott Hill. Le programme entraînera des suppressions de postes à partir de 2027, sans que l’entreprise précise encore combien d’emplois seront concernés.
Le groupe a également présenté ses perspectives pour l’ensemble de l’exercice 2027. Nike prévoit une baisse de son chiffre d’affaires d’un pourcentage élevé à un chiffre et anticipe un bénéfice ajusté par action compris entre 1,15 et 1,35 dollar. Après l’annonce, l’action Nike a reculé d’environ 3 % dans les échanges prolongés jeudi.
Les résultats trimestriels montrent une situation contrastée. Le bénéfice par action a dépassé les attentes du consensus, tandis que le chiffre d’affaires est resté inférieur aux prévisions. La faiblesse persistante en Chine et les difficultés de plusieurs activités importantes continuent de peser sur les performances du groupe.
Le bénéfice dépasse les attentes mais les ventes déçoivent
Nike a déclaré un bénéfice par action de 48 cents pour le trimestre, contre 43 cents attendus selon les estimations consensuelles de LSEG. Le chiffre d’affaires s’est établi à 11,21 milliards de dollars, inférieur aux 11,32 milliards anticipés par les analystes.
Le bénéfice net a atteint 712 millions de dollars, contre 727 millions un an auparavant, soit une baisse de 2 %. Le chiffre d’affaires a pour sa part diminué de 4 % pour atteindre 11,21 milliards de dollars.
Cette combinaison explique le caractère mitigé du trimestre : la rentabilité par action a dépassé le consensus, mais les ventes n’ont pas atteint les attentes. La direction doit parallèlement gérer des écarts importants entre ses marchés et ses différentes catégories de produits.
Les revenus de la marque Nike ont notamment été affectés par la poursuite du recul de l’activité en Chine. Dans ce marché, le chiffre d’affaires a chuté de 26 %, faisant de la région un point central des difficultés présentées par l’entreprise.
Nike veut agir rapidement pour redresser la Chine
Lors de la conférence téléphonique avec les analystes, Elliott Hill a déclaré que Nike avançait avec urgence pour améliorer ses activités dans la région. La situation est différente en Amérique du Nord. Le chiffre d’affaires régional s’est établi à 5,13 milliards de dollars, légèrement supérieur aux 5,11 milliards attendus selon StreetAccount.
Nike a également publié une marge brute de 42,8 %, dépassant l’estimation de 42,4 %. Ces résultats montrent que certains indicateurs ont dépassé les attentes malgré la contraction globale des revenus et la forte faiblesse observée en Chine.
Hill a toutefois souligné que les progrès réalisés dans certaines parties du groupe ne suffisaient pas encore à compenser les pressions rencontrées ailleurs. Selon lui, l’activité Nike Performance n’est pas encore suffisamment importante pour contrebalancer les difficultés de Nike Sportswear, Jordan Brand et de la Grande Chine.
La direction prend des mesures ciblées pour renforcer ces activités, mais Hill a averti que leurs effets complets prendraient du temps à se matérialiser.
Sportswear reste une source importante de pression
Nike Sportswear représente une part particulièrement importante de l’activité. Selon Hill, ce segment a généré un peu moins de la moitié du chiffre d’affaires du trimestre, mais ses ventes ont reculé d’un pourcentage faible à deux chiffres.
Le PDG a décrit un manque général d’énergie dans l’univers lifestyle, qui affecte actuellement le trafic. Il a également reconnu que le consommateur reste prudent, tout en estimant que Nike doit assumer sa responsabilité de leader du secteur en apportant davantage de créativité au sportswear.
Cette faiblesse est importante en raison du poids de la catégorie dans les ventes trimestrielles. Les progrès de Nike Performance ne permettent donc pas encore d’absorber entièrement la pression provenant de Sportswear, Jordan Brand et de la Grande Chine.
La réponse de l’entreprise ne repose pas uniquement sur une amélioration des produits ou des catégories. Nike a parallèlement annoncé une réorganisation plus large de ses opérations, de sa structure géographique et de ses effectifs.
Le plan Pace entraînera de nouvelles suppressions de postes
Nike a présenté une restructuration destinée, selon ses termes, à positionner l’entreprise pour une croissance à long terme. Cette stratégie, baptisée Pace, entraînera une réduction du nombre de postes à partir de 2027.
L’entreprise n’a pas indiqué combien d’emplois seront supprimés. Dans une lettre adressée à Nike, Hill a reconnu que la perspective d’un nombre réduit de fonctions créait de l’incertitude et a indiqué qu’il ne prenait pas cette situation à la légère.
Il s’agira de la troisième série de suppressions de postes annoncée par Nike cette année. La nouvelle restructuration s’inscrit donc dans une période durant laquelle l’entreprise modifie déjà plusieurs aspects de son organisation.
Pace ne se limite toutefois pas aux effectifs. Nike prévoit également de moderniser sa chaîne d’approvisionnement, de réorganiser ses activités autour de trois grandes zones géographiques, de construire un nouveau campus en Inde et de modifier son organisation du travail et de la main-d’œuvre.
Trois grandes régions remplaceront l’organisation actuelle
Dans le cadre de Pace, Nike structurera ses activités autour de trois ensembles géographiques. Le premier regroupera les Amériques. Le deuxième réunira l’Asie-Pacifique et la Grande Chine. Le troisième couvrira l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique.
Cette réorganisation accompagne les autres changements annoncés dans le cadre du programme. La modernisation de la chaîne d’approvisionnement, le nouveau campus indien et les modifications concernant le travail et les effectifs font partie du même effort de restructuration.
Nike estime que Pace permettra de générer environ 2,5 milliards de dollars d’économies jusqu’à l’exercice 2031. Le programme aura cependant un coût à court terme.
La société prévoit que la restructuration réduira de 15 cents le bénéfice par action de l’exercice 2027. Cette charge intervient au moment où Nike prévoit déjà pour cet exercice un chiffre d’affaires en recul d’un pourcentage élevé à un chiffre.
Le groupe anticipe parallèlement un bénéfice ajusté par action compris entre 1,15 et 1,35 dollar pour l’ensemble de l’année fiscale.
Pace doit accélérer les décisions et améliorer la productivité
Hill a expliqué aux analystes que Nike attend du programme Pace une simplification de la prise de décision. L’objectif est de permettre à l’entreprise de capter plus rapidement la demande et d’améliorer sa productivité.
La direction veut également dégager davantage de capacité pour investir dans les domaines qu’elle considère comme les fondements historiques de Nike : servir les athlètes, créer des innovations de premier plan dans l’industrie et construire des marques sportives fortes.
Ces objectifs expliquent pourquoi la restructuration touche plusieurs dimensions simultanément. Les changements concernent la structure géographique, la chaîne d’approvisionnement, les infrastructures, l’organisation du travail et les effectifs.
Nike travaille actuellement à améliorer différentes parties de son activité à des rythmes distincts, en fonction des priorités attribuées à chacune.
Les résultats du premier trimestre montrent pourquoi cette approche reste nécessaire : certaines mesures financières dépassent les attentes, tandis que des activités importantes continuent de subir une forte pression.
Le consommateur reste soumis à des pressions macroéconomiques
Nike mène son redressement dans un environnement où ses consommateurs font également face à davantage de contraintes macroéconomiques. Les tensions géopolitiques et l’inflation plus élevée contribuent à ralentir les dépenses, selon le contexte présenté par l’entreprise.
Hill a lui-même reconnu la prudence des consommateurs lorsqu’il a abordé la faiblesse actuelle du lifestyle. Il n’a toutefois pas attribué entièrement les difficultés du sportswear à cette prudence.
Le PDG estime que Nike, en tant que leader de son secteur, doit apporter davantage de créativité à cette catégorie. Cette position place une partie de la responsabilité du redressement directement sur les actions de l’entreprise plutôt que seulement sur l’environnement de consommation.
Le défi consiste donc à améliorer les activités sous pression tout en poursuivant une restructuration destinée à rendre l’organisation plus efficace et à créer davantage de capacité d’investissement.
Les perspectives 2027 restent sous pression
Les prévisions pour l’exercice 2027 montrent que Nike ne s’attend pas à une normalisation immédiate. Le groupe prévoit une baisse de ses revenus d’un pourcentage élevé à un chiffre et un bénéfice ajusté par action compris entre 1,15 et 1,35 dollar.
À cette perspective s’ajoute une charge de restructuration équivalente à 15 cents par action liée au programme Pace. Les suppressions de postes commenceront également en 2027, même si leur ampleur n’a pas été précisée.
La direction considère néanmoins ces changements comme nécessaires pour préparer une croissance à plus long terme. Les économies attendues de Pace atteignent environ 2,5 milliards de dollars jusqu’à l’exercice 2031.
À court terme, Nike doit encore gérer la baisse des ventes, la faiblesse marquée de la Grande Chine et le recul du sportswear, tout en développant suffisamment Nike Performance pour compenser davantage les pressions exercées par les autres activités.
L’action Nike reste fortement sous pression cette année
La réaction après les résultats s’inscrit dans une année déjà difficile pour le titre. Les actions Nike ont chuté de plus de 40 % depuis le début de l’année, avant même de tenir compte de la baisse d’environ 3 % enregistrée dans les échanges prolongés après la publication de jeudi.
Ces éléments n’effacent cependant pas la baisse de 4 % du chiffre d’affaires global, le recul de 2 % du bénéfice net ni surtout la contraction de 26 % des revenus en Chine.
Nike entre ainsi dans une nouvelle phase de son redressement avec Pace. Le programme doit simplifier les décisions, moderniser la chaîne d’approvisionnement, réorganiser les régions et réduire les coûts. Mais la direction reconnaît que les mesures prises pour renforcer Sportswear, Jordan Brand et la Grande Chine demanderont du temps avant de produire tous leurs effets.



